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Jeudi 29 mars 4 29 /03 /Mars 21:47

DU 27 MARS AU 21 AVRIL 2012 

Médiathèque Anna Marly, 61 rue Charles Beauhaire, Saint jean de la Ruelle (45)

CONFÉRENCE : le vendredi 30 mars à 18 heures

VERNISSAGE : le jeudi 5 avril à 18H30
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Exposition artistique réalisée par la photographe orléanaise, Sab Ji.
"CendrillonS" donne une vision poétique de la condition féminine au
travers des contes. Entre valeurs universelles et différences
culturelles, l'histoire de Cendrillon invite à un voyage initiatique.
L'artiste a passé douze mois dans douze pays, pour rencontrer les
femm
es de quatre continents.

La photographie surexposée, comme une porte ouverte entre deux mondes,
interroge sur la vie et le devenir de la femme. La lumière sculpte la
réalité et il ne subsiste dans l'image que le reflet des réminiscences
de personnages chimériques qui peuplent notre inconscient.
L'exposition "CendrillonS" transporte dans un voyage fantasmagorique
et interpelle le spectateur sur sa propre vie.

Le projet a été réalisé en partenariat avec le Lonely Planet et Déclic édition.

Par Sab Ji
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Samedi 26 février 6 26 /02 /Fév 14:59

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29 décembre 2010

Grève en Bolivie, routes bloquées. J'arrive avec trois heures de retard à la frontière et rate, royalement, le bus pour Salta. La ville de Jujuy ressemble à une ville fantôme. Des rues désertes où souffle un vent de sable. Les habitants sont devenus des âmes errantes. Seule la station de bus, royaume de l'import export, reste vivante. Les rescapés de la rue y ont trouvé refuge tous entasser dans le méli-mélo des agences de voyage. Moi je n'ai que huit heures à attendre avant le prochain bus.

 

30 décembre 2010

il y a des villes qui attirent irrésistiblement. J'étais venue seule à Salta et je viens d'apprendre que plusieurs amies y vivent. Coïncidence ou effet magnétique, attirées par la belle région du nord, on se retrouve comme au bon vieux temps.

 

31 décembre 2010

« Le Taxi arrivera avec peut être une heure de retard » me dit la femme d'agence de taxi collectif avec un sourire crispé. Mais le temps en Argentine échappe à toutes les règles. D'une heure de retard on passe vite à deux. Pas d'information, c'est comme ça. C'est les surprises de la vie. Une voiture arrive enfin. On s'y engouffre. Le rythme effréné du chauffeur me laisse espérer de ne pas rater tout le réveillon. Mais la voiture n'ira pas plus loin que le prochain village. Le chauffeur nous a juste déposé pour attendre un peu plus loin.

Une heure plus tard une voiture arrive enfin. Alléluia! Avec son incompréhensible accent argentin, le chauffeur tente de m'expliquer son retard: « niebla, niebla ». Moi je ne comprends rien. Quelques minutes plus tard, on ne voit plus rien sur la route. Une épaisse couche de brouillard, niebla, nous enveloppe comme un linceul. Le ravin est proche et les phares n'éclairent rien. Malgré ses écarts sur la route notre chauffeur semble être sous une bonne étoile. On arrive au village de mes compagnons de route et Salta est toute proche. Maintenant que je suis seule avec le chauffeur, il trouve des excuses pour pouvoir me toucher, m'invite à dîner... Le réveillon se transforme en cauchemar. On rentre enfin dans Salta, la fin du supplice est proche. Minuit, des feux d'artifices de partout. Le chauffeur ne veut pas conduire avec les fusées qui partent dans tout les sens. Il fait une pause sur le bas côté. Puis il décide de fermer les portières à clé. Je n'ai pas confiance. Je préfère errer seule dans la nuit que de rester une seconde de plus avec lui. Sur le long chemin qui me reste à parcourir; j'atterris dans un bouiboui où sont ceux qui n'ont nulle part ou aller. Ils m'invitent de bon cœur et je passe un moment exceptionnel. L'année commence bien. Un tango, avec les amies, pour parachever une nuit magique.

 

01 janvier 2011

Au passage de la nouvelle année les rues s'embrasent, les gens s'embrassent. Les pétards explosent et les cœurs bondissent dans l'espoir de ce jour nouveau pareil aux autres mais annonciateur d'un avenir devenu présent. Ça y est nous sommes en 2011!

 

02 janvier 2011

Aux lèvres pulpeuses, aux culs rebondis; je vais cassé un mythe mais les Argentines ne sont pas belles naturellement, elles le deviennent. Les formes charnues des belles se dessinent en courbes ondulantes. La rue vit aux rythmes des leurs hanches séductrices. Les Argentines sont belles car elles sont elles même. De A à Z, elles s'assument. Un tempérament de feu et une envie irrésistible de croquer la vie fait le reste. Attention messieurs à ne pas vous brûler au cœurs ardents des belles argentines.

 

03 janvier 2011

Gaucho, l'homme à cheval. Son couteau dans le dos, gaucho macho est l'homme de la campagne, le seigneur des troupeaux. Aujourd'hui les gauchos ne passent plus leurs journées à cheval mais c'est toujours une gloire de monter son destrier dans la pampa argentine.

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04 janvier 2011

Dans un immense restaurant, fait de petites salles et de recoins, bat l'âme saltenienne. La douce odeur de l'azado chatouille les narines. Les serveurs se pressent dans la foule qui tape des mains. Et partout des musiciens, à la voix d'or, chantent à la gloire des festivals. Un esprit de fête, un pays qui vibre pour son histoire toujours présente dans les cœurs.

 

05 janvier 2011

Comment faire une émission de radio à la dernière minute? Déjà, il faut réussir à être joint en Argentine. Pas simple! Première épreuve trouver un téléphone. Heureusement, les serveurs, du café où je me trouve, ne résistent pas à mon charme et me prêtent leurs téléphones. Puis il y a le code d'entrée du pays à composer puis le code de la région et si c'est un portable encore un autre numéro. Les chiffres s'alignent interminablement, s'entremêlent mais rien. Pire que le code secret d'un coffre fort. Impossible de me joindre. Deux heures sont déjà passées et toujours pas de solution. Les cabines publiques ne peuvent pas recevoir. Que faire? Ultime solution: un hôtel de luxe. N'étant pas de l'hôtel, il va falloir que je soit convaincante avec le peu de vocabulaire espagnol que j'ai. La sonnerie retenti enfin, me voilà sur les ondes françaises.

 

06 janvier 2011

22 heures de bus pour étudier la platitude de la pampa...La route et ses deux bandes jaunes au milieu me mène droit à la dernière étape de mon voyage.

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07 janvier 2011

Tango, tango, tango, le rythme est donné. Je rentre dans la capitale. 5 heures d'attente dans un bar culte qui diffuse une musique à danser. Serveur, un tango s'il vous plait! Un bal pour finir comme toutes les belles histoires de Cendrillon. Le bar n'est pas le seul à être au goût du tango; partout dans les rues s'affiche les cinq lettres T A N G O. Dans toutes les couleurs, sous toutes ses formes le tango se décline dans les rues de Buenos Aires. Tango, danse et musique, est le symbole de la diversité culturelle propre à l'Argentine. La danse, populaire devenue chic, fait des femmes des princesses qui s'en vont trouver l'amour ou le plaisir de la danse sur les pistes des milongas (bal).

 

08 janvier 2011

Jeune femme recherche chaussure à son pied.

A défaut de trouver le prince charmant, l'argentine fabrique les plus belles chaussures du monde. Les femmes s'engouffrent dans les magasins ou comme moi pousse la porte d'une petite maison ou se cache un artisan qui fabrique du sur mesure rien que pour vous. Le sourire chaleureux de l'homme qui d'un coup de baguette fabrique l'objet magique qui fera de vous la plus belle pour aller danser.

 

09 janvier 2011

Belles argentines, souvent soumises au machisme, elles savent pourtant ce qu'elles veulent. Un bon travail, une famille, de l'amour avec un grand A. Elles séduisent avec leurs formes délicieuses. Elles sont à croquer mais attention c'est peut-être vous qui finirez par être manger. Car à ceux qui se montreraient machos, elles savent aussi dire non et mériter le respect.

 

10 janvier 2011

Dans les rues commerçantes, dans les restaurants où les parcs, il y a du tango pour touriste. Les bons spectacles sont rares. Une robe satinée qui laisse voir des jambes immenses, des paillettes aux coins des yeux et des talons aiguilles voilà une danseuse de tango. Son partenaire l'homme en costume qui porte un chapeau. Quelque pas de tango, avant de poser pour les photos. Rien de plus que l'expression d'un tango machiste qui a laissé son âme au diable du tourisme. Jolies filles pour demander de l'argent aux touristes éblouis par un tango de pacotille.

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11 janvier 2011

Parfum d'autrefois dans les rues pavé de San telmo. Le quartier des antiquaires diffuse le parfum de la vieille Europe. Des graffitis ravivent le vieux quartier. Mi artistique mi antique San telmo est le charme simple de Buenos aires.

 

12 janvier 2011

« Mi amor », c'est ce que l'on entend quand on s'adresse à quelqu'un dans la rue. A Buenos Aires tout le monde s'appelle Mi amor. Romantisme de coin de rue ou séduction populaire, les mots doux adoucissent les mœurs et vous font un peu sentir reine où que vous soyez. Même la culture machiste n'y résiste pas. « alors mi amor la station de bus se trouve à trois rues d'ici. Merci mi amor.

 

14 janvier 2011

Sur les bord du Rio de la Plata s'étend les extrêmes. Au sud les maisons pauvres de tôles et de bois abritent les habitants de la Boca. Bien d'autres dans la Boca n'ont même pas un toit. Puis on passe au quartier ancien de San telmo et son charme avant d'être dans l'ultra moderne Puerto Madero qui vous conduira vers le quartier chic de la Recolleta où les hôtels de luxe et résidences somptueuses rayonnent sous le ciel bleu de Buenos Aires.

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15 janvier 2011

Dans les rues, s'exposent comme des natures mortes, canapés, meubles et bazar en tout genre. Comme hors du temps des meuble sans âge; matelas aux ressorts cassés sont les maisons sans toit des gens de la rue. Ils s'installent partout tentant de reproduire le confort d'une maison. Les petites filles de la rue courent partout, s'arrêtant curieuses et rêveuses des belles dames en talons aiguilles qui dansent près de l'architecture invisible de leurs maisons.

 

16 janvier 2011

Pour inviter une personne à danser un tango, on les regarde. Échange de regard pour une possible danse ou l'on détourne la tête pour ne pas danser. Ainsi chacun assit dans son coin communique à distance. Baudelaire disait qu'échanger un regard était comme faire l'amour. La mirada : échange de regard est l'expression d'un amour de la danse et le début d'une histoire entre deux personnes le temps d'un tango.

 

17 janvier 2011

Plongées dans la nuit, les milongas sont un monde au cœur du monde. Portes ouvertes à la diversité culturelle, le tango, s'inspire de maintes cultures pour créer sa propre identité. L'argentine est culture hybride et pourtant unique.

 

18 janvier 2011

Les argentins cherchent la femme de leur vie et les femmes de leurs nuits.

 

20 janvier 2011

35 ans que les mères et grand-mères, des disparus de la dictature, marchent les jeudi sur la place Mayo. Ce jeudi encore, elles sont présentes. Coiffées d'un foulard blanc, elles marchent pour la vérité. Elles marchent pour ne jamais oublier. Le droit d'une mère pour son enfant, les devoir de l'état pour son peuple. Voilà les enjeux d'une marche sans fin.

 

21 janvier 2011

Le tango est fait de règles que l'on se doit de respecter. Danser au moins trois danses avec son partenaire, changer de partenaire à chaque cortina ( pause musicale dans le bal), inviter du regard. Et puis, il y a les règles officieuses : ignorer discrètement celui ou celle avec qui on ne veut pas danser, refuser clairement à ceux qui ne sont pas assez doués et pourraient compromettre de leur simple présence les tangos avec les meilleurs danseurs. Être amis avec les personnes avec qui on veut danser. Porter l'uniforme des danseurs car à défaut d'avoir le ramage; il faut avoir le plumage. La Fontaine aurait vu de bien drôles d'oiseaux, dont il aurait fait la satyre, dans ce petit monde du tango.

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22 janvier 2011

Dans ma jupe rose, je réalise ma dernière performance : à la recherche du prince charmant. Mon panneau à la main, je décide d'aller comme beaucoup de gens consulter une voyante. Être magique des temps modernes, celle qui sait lire l'avenir, me dira tout. Que viennent chercher les autres personnes qui la consultent? Des réponses aux questions insolubles? Des vérités cachées? Une lumière qui montrerait la bonne voie à suivre? Ma voyante ne dispose d'aucune réponse mais sous son maquillage grossier, comme un fée, elle donne du rêve et de l'espoir à ceux qui en ont besoin.

 

24 janvier 2011

Pourquoi être venue en Argentine? Ici, il n'y a pas vraiment d'histoire de Cendrillon, les histoires indiennes ont été oubliées et il ne reste que l'héritage de colons européens. La culture du tango a tant de point communs avec l'histoire de cendrillon que ne pas aller en Argentine aurait-été une erreur.

La première histoire de type Cendrillon est née de la légende d'une courtisane grecque dans l'Égypte ancienne. Le tango lui est née d'un métissage culturel dans les bas fond du Rio de plata. Les courtisanes séduisaient les pauvres immigrés en mal d'amour. Et comme pour le conte tout semble se jouer lors d'un bal. Le tango pourrait être l'incarnation moderne du conte.

 

25 janvier 2011

Sous le soleil, les femmes transpirent le féminité qui donne à leur peau le goût salé de la vie.

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26 janvier 2011

Une petite fille de la rue, comme il y en a partout dans le monde, me demande de l'argent. Je lui propose de poser pour moi et échange d'une sorte de salaire. Elle accepte avec joie d'être au centre de mon objectif. Elle prend la pose d'une enfant encore naïve mais plus tout à fait. Une deuxième petite fille veut profite de l'opportunité de gagner un peu d'argent. Puis un troisième enfant arrive, je refuse de lui donner de l'argent. Je ne peux pas donner à tous. Il faut faire un choix. Le monde est injuste et nous en sommes tous coupables. Pourquoi les uns et pas les autres? Il faut se faire une raison là où justement il n'y a pas de raison.

 

27 janvier 2011

Pigeonnantes ou en ballonnées, les belles poitrines s'exhibent dans les rues. Dans la dictature de la mode, les jeunes filles sont émancipées à 16 ans pour pouvoir bénéficier d'une chirurgie mammaire. Enfant dans l'âme, femme dans les formes, les petites Cendrillon « made in Argentine » ne perdent pas leur temps pour ressembler à des princesses.

 

28 janvier 2011

Le roi du feu.

Maître du feu qui attise les braises, pour le meilleur des asados (barbecue). Quand il s'agit de charbon et de flamme, c'est l'homme qui cuisine. Applaudi pas les convives, c'est une fièreté et un devoir pour l'homme de la maison de préparer une viande succulente.

 

29 janvier 2011

Dans presque tous les pays, il y a une tradition pour boire le thé. Ici, c'est le maté. Un verre de bois avec une paille de métal, c'est ainsi qu'homme et femme puisent l'énergie de leurs journées. Herbes stimulantes, le maté est surtout un lien social. Surtout ne pas remuer et aspirer jusqu'à la dernière goutte, ainsi le veut la tradition. Dans les parc, les magasins, au travail, jamais sans son maté.

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30 janvier 2011

Minuit, la piste de danse se vide. Les danseurs s'assoient autour de la piste. Tous les regards se tournent dans la même direction. Les maestros s'avancent. Connus dans le monde entier, la belle Moira et son prince charmant s'enlacent pour un premier tango. La danse est leur royaume. Leurs pas enflamment le parquet et le public reste muet. L'expression de leur amour, de leur bonheur rayonne chaque fois de la même intensité. Dans sa simple robe noire, Moira, est la princesse que l'on voudrait être : épanouie, femme, épouse, amante et mère. Son tango séduit, il fascine même car bien au delà de la danse il est l'expression d'un réel épanouissement. La musique se termine et comme d'habitude les deux amants s'embrassent, d'un baiser toujours intense.

 

31 janvier 2011

Dans le présent des émotions les argentins déclarent leurs sentiments. Je t'aime. Je ne t'aime plus. Je t'aime encore. Chaque seconde est une surprise. Une roulette russe du cœur, en amour ou en amitié, personne ne sait jamais de quoi sera fait le prochain quart d'heure. Carpe diem.

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01 février 2011

Dans la rue comme un coup violent le rythme des candombes vous saisit par les tripes et secoue tout votre corps sur les pavés de la rue. Les musiciens tel une armée envahissent petit à petit les rues. Des hommes et des femmes ensorcelés suivent le cortège dans des danses frénétiques. L'énergie se sent, elle coule sur le torse nu des musiciens.

 

04 février 2011

Au dessus des nuages, je réfléchie à la moralité de mon histoire. D'un pays à l'autre la vie des femmes diffère mais les valeurs profondes restent celles du conte. Les femmes ne croient plus au prince charmant ni aux contes de fée. La magie est cependant toujours là. Loin des contes de fée, réussir à vivre avec le sourire, dans les conditions de grande pauvreté, est un pouvoir dont les femmes semblent dotées. Et le prince charmant existe-t-il? Il est la reconnaissance et l'amour que toutes les femmes du monde mérite. Mais le Prince charmant n'est pas un homme il est l'incarnation d'une idée, d'un besoin profond dans un être humain.

Depuis les siècles des siècles, envers et contre tout les femmes construisent le bonheur.

 

Elles vécurent heureuses à leurs manières pour les siècles des siècles....

 

FIN

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Par Sab Ji
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Jeudi 30 décembre 4 30 /12 /Déc 17:14

vieraj

09 décembre 2010

La chaleur étouffante me coupe le souffle. Dans l'épaisse nuit, je passe ma tête par la vitre du taxi espérant un brin d'air. Mais non impossible de respirer le moindre air frais. Je regarde en apnée la ville qui défile. Les rideaux de fer baissés. Une lumière rougeâtre dans les avenues. Une bande de jeunes écoute de la musique près de leur voiture. A l'extérieur du centre ville, ceux qui ne peuvent pas se payer l'entrée des discothèques improvisent une soirée entre amis dans la rue. Les voitures font bar et sono. Des cartons, des plastiques décorent la ville comme un chaos. Près de la place principale, un calme d'après tempête règne dans la cité endormie.

 

10 décembre 2010

J'erre dans les rues de Santa Cruz. Le pas lent, le regard à la recherche de ce petit événement qui fera la photo. Mais rien. Rien ne se passe. Rien ne m'attire. Les rues, aux trottoirs dévastés et aux murs tagués, respire un faux semblant de néant ; une histoire déjà trop vu où les protagonistes, loin d'être dans l'histoire, sont des âme errantes. Il fait trop chaud personne ne veut habiter ici. La Paz c'est mieux me dit une vieille femme. Une jeune fille me dit c'est trop dangereux ici, San Jose c'est mieux. L'herbe est toujours plus verte ailleurs. Moi, je continue à errer sans but dans ce désert citadin pour enfin pouvoir raconter ceux qui l'habitent.

worpheline

11 décembre 2010

A la limite du centre ville, derrière un haut grillage, je rentre dans l'orphelinat du père Alfredo. Je suis bien accueillie. On m'invite même à manger. Ma demande de rencontrer des enfants ne semble surprendre personne. On ne me pose presque aucune question. Les enfants vivent par petits groupent dans des maisons séparées. On dirait presque une vraie famille. Des sœurs qui vivraient entre elles. Les jeunes filles s'occupent de leur maison. Elles font le ménages toutes ensemble et chacune son rôle. Je suis seule avec les jeunes filles. Je leur pose toutes les questions que je veux. Les petites filles recherche des câlins, les grandes essayent mon bracelet comme des copines. Je me demande combien de temps et après combien de formulaires dument remplis j'aurais pu rentrer dans un orphelinat français pour faire des photos des enfants. La France protège bien plus ces petits orphelins; eux qui ont déjà tellement souffert dans la vie. Mais déjà privés de famille faut-il enfermer ces enfants loin de la société?

 

12 décembre 2010

La femme au tablier bleu installe sa brouette pleine d'empanada à l'angle de Buenos aires et de Libertad. Assis sur des tabourets ses clients dégustent leur repas au coin de la rue. C'est son restaurant, à la femme au tablier bleu. Son lieu de travail. Angle de bitume et mur décrépi, c'est son domaine réservé. Et chaque vendeur possède son petit coin de rue, son royaume dans la ville. Car a qui est la rue? A ceux qui passe? A ceux qui y travaillent? A ceux qui étaient là avant? C'est comme la terre. A qui appartient la terre de Bolivie? C'est une grande question dans les campagnes. Les indigènes méritent par leur culture ancestrale et leur origine cette terre. Les colons sont venus de lointains pays pour cultiver ces terres. Ils sont là depuis plusieurs générations et ils ont rendu les champs fertiles. Les colons aussi méritent de la terre. Et les esclaves venus d'Afrique qui se sont reconstruit une vie et ont tellement donné de leur travail ; eux aussi ont leur place. Car la terre appartient à tous. Car il sera toujours difficile de la partager. Comment vivre ensemble sans voir les différences comme un problème. Comment faire du multiculturel une richesse pour la terre? Chacun devrait trouver sa place, chacun devrait avoir sa place.

 

13 décembre 2010

Une famille bolivienne se conjugue bien souvent au féminin. Grand-mère, mère, enfants. Mais les hommes, où sont-ils? Les hommes ont pris la fuite à la naissance de l'enfant. Du plaisir, oui! Une famille, trop cher! Les mères célibataires ne sont pas rare. Peu importe. L'important, c'est d'être une maman. Pas assez d'argent, alors plusieurs générations vivent sous le même toit. La vie est difficile dans le pays le plus pauvre d'Amérique du sud, mais rien ne remplacera le bonheur d'être mère. Le plaisir de donner la vie, d'aimer et d'être aimé, d'être reconnu socialement. Aucun sacrifice n'est assez grand pour perdre le goût d'être maman.

wletempssenva

14 décembre 2010

Tu regretteras Santa Cruz m'avait-on dit. Même seule dans les rues encore endormies, je sens la vie qui bouillonne à Cochabamba. Une ville comme une autre mais une ville où je me sens bien. Du monde partout. Les femmes ont envahi les trottoirs pour vendre de ceci et de cela. Des chapeaux sur toutes les têtes. Une diversité culturelle. Des embouteillages. Tout me plait.

 

15 décembre 2010

Maman me dit toujours: « Un jour ma fille, tu oubliera ta tête ». Ma tête est toujours sur mes épaules mais ma clé est bien au chaud dans ma chambre et moi je me retrouve face à une porte fermée. Comme je suis chanceuse, je suis dans le seul hôtel qui n'a pas de double des clés. Les serruriers dorment déjà. Rien à faire pour aujourd'hui. Je dors dans une autre chambre en me promettant qu'un jour j'aurai de la mémoire.

 

16 décembre 2010

_«Je voudrai aller à Nueve felicidad s'il vous plait. »

_ « Où?  Neuve felicitad...connais pas. »

Personne ne connait le nom de ce petit village, perdu dans la plaine désertique. Le diable lui n'a pas oublié le village des maisons en terre. Il a ouvert les portes du royaume d'Hadès. Au milieu d'un champ, l'odeur du souffre. Le feu rédempteur vient de sous la terre. De l'herbe calcinée, de la fumée qui émerge du sol. L'enfer est proche. Les villageois n'avaient déjà pas d'eau pour leurs bêtes ni pour les cultures. Le feu sous-terrain menace aujourd'hui les maisons. Le foyer est le bien le plus précieux pour ces familles. Les scientifiques ont dit pas de risque pourtant le feu consume la terre depuis plus de deux semaines. Qui sait vraiment ce qui se trame sous la terre de Bolivie...

wcage

17 décembre 2010

Je ne compte plus ces femmes qui font 15 ans de plus que leur âge. Assises sur le trottoir, leurs enfants font la sieste et elles la manche. Pourquoi autant de femme? Un homme me répond que c'est bientôt Noël, la bonne période pour donner et pour ces femmes, l'opportunité d'avoir un meilleur repas et de pouvoir offrir de petits cadeaux à leurs enfants.

wsousterre

18 décembre 2010

Au petit matin, fatiguée à souhait, je débarque à Potosi. Le grand sourire, d'un taxi, s'illumine pour m'arnaquer. Tout est normal. Un hôtel, pas cher où je m'installe. Pas de temps à perdre! Je pars au hasard des rues de la ville. Les vielles femmes sur le marché vendent de tout. Une petite main s'égare dans mon sac. Jeu de main jeu de vilain. Je donne une tapette à la vilaine voleuse. Il est difficile de lui en vouloir car ce pays est tellement pauvre. Entre les mendiantes qui envahissent les rues, et les touristes qui semblent si riche, les voleuses se laissent tenter par mes dollars imaginaires. Potosi commence mal. Comme pour me rassurer, je finis dans une agence de voyage avec de joyeux lurons. Ils m'invitent dans les mines locales. Nous voilà sous terre avec el Tio, le diable au sexe en érection. Les femmes des mineurs de descendent jamais dans la mine car c'est ici qu'el Tio s'accouple avec Panchamama la déesse de la terre. Nous partageons avec le diable feuilles de coca, bières, cigarettes et alcool à 96 degrés. Les yeux rond du diable nous fixe. Sa cigarette se consume comme la vie des travailleurs des mines. Les profondeurs obscures de la terre seront la lumière de la journée. Comme un conte, ce qui avait mal commencé finit bien!

 

19 décembre 2010

Les femmes de Potosi sont habituées aux touristes dès que j'ai le malheur d'avoir même par hasard mon appareil photo dans leur direction, elles demandent de l'argent. Pour prendre une orange en photo 5 pesos soit le prix d'un kilo d'orange. Une femme à qui je demande de la prendre en photo me balance un oignon. Une autre se cache. Décidément les boliviennes jouent les inaccessibles!

wbonnefee

20 décembre 2010

Panchamama, terre et mère. Anciens et plus jeune n'oublie jamais de rendre hommage à la déesse ancestrale. Alors avant de boire, on ne trinque pas, on partage avec Panchamama. De la terre au sol des bars; les liquides alcoolisés se rependent sur le corps de la déesse mère. Un hommage, un partage, la déesse est ravie et se délecte des boissons de toutes sortes.

 

21 décembre 2010

Déesse immaculée en désert de sel. Blanc pur ou rouge sang du fond des lagunes. Froide comme la neige ou chaude comme un geyser. La panchamama (déesse de la terre) déploie tous ses charmes au sud ouest de la Bolivie. Somptueusement grandiose, les montagnes s'élèvent. Les lagunes, de leurs couleurs pastels charment des milliers de flamants roses. Comme une femme parée de ses plus beaux atours, les paysages se dévoilent laissant toujours une part de mystère à découvrir.

 

23 décembre 2010

La pluie s'est répandue comme une immense flaque sur le salar d'Uyuni. Réminiscence de ce qui était avant une mer, devenue aujourd'hui désert de sel. Le ciel et les montagnes se reflètent sur le miroir de l'eau; se demandant qui est le plus beau ou la plus belle. Pas de réponse à la question; ici tout n'est que beauté. Alors dans ce désert blanc, le ciel c'est uni à la terre. L'horizon a perdu ses limites. Les deux mondes ne font plus qu'un et les nuages en jeu de symétrie sont descendus sur terre.

 

24 décembre 2010

Deux droites parallèles s'étendent sur le dos des femmes. Deux tresses bien noires qui tranchent sur les dentelles colorées. Longues et soyeuses, les tresses témoignent de l'esthétisme indigène. L'État plurinational de Bolivie n'oublie pas ses origines. Les tresses incroyablement longues font la beauté des femmes Quechuha. Des pompons de perles unissent les deux tresses que les petits enfants ont tant de plaisir à grignoter. Les cheveux font de la femme une séductrice puis de la mère une femme rassurante. Chaque pli de la tresse est comme le témoin de l'histoire de la vie des femmes. Une vie qui s'étire toute droite avec cet entrelacs de courbures, fait des aléas d'une vie pleine de bonnes de de mauvaises surprises, mais qui va toujours de l'avant.

 

25 décembre 2010

C'est Noël au bout du monde! Blanc sel, rouge père Noël. Des bulles de champagne qui pétillent. Des amis qui réchauffent le cœur. Le beau cadeau d'un homme qui m'était encore inconnu la veille. Parce que même au bout du monde Noël reste magique. Au delà du commercial et bien loin de la religion, on partage avec bonheur les joies d'une fête qui rapproche les êtres.

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26 décembre 2010

Entouré dans un tissus de couleurs vives, sur le dos la mère c'est comme ça que les enfants découvrent le monde. La tête en arrière, les bébés aperçoivent le ciel bleu, et le toit des maisons. Des ombres fugitives passent devant les yeux rond des enfants qui attendent sagement accrocher à la maman; qu'on arrête de les serrer de les bousculer dans les marchés et les autobus. Plus grands, les enfants accompagnent toujours leurs mères qui ne peuvent pas les laisser seuls à la maison. Les petites filles jouent « pour de vrai » à la marchande. Les petits garçons courent dans les bus pour distribuer le journal. Une famille mange sur le trottoirs. Une mère pousse son fils à demander l'aumône au conducteur d'un énorme 4x4. C'est ainsi que les enfants grandissent faisant de la rue un terrain de jeu, un travail, une maison. Les petits sont fiers de pouvoir aider les grandes personnes. Un petit garçon, qui a bien travaillé, s'endort dans les marchandises du marché.

Je crois qu'il rêve d'une vie meilleure quand il sera grand. Chut! Laissons le rêver...pour que le rêve devienne bientôt réalité.

 

27 décembre 2010

Un homme qui fait du cheval, un sombrero, des allures de cowboy; voilà un touriste qui débarque dans les canyons boliviens. Le regard fier, le fessier en compote. Sept heures pour explorer le sud du pays ou pour dire des inepties. « Mon cheval il ne veut pas avancer. Mon cheval, il a envie de s'arrêter. Les hommes de plus d'un mètre quatre vingt dix ne peut pas monter à cheval. Si je donne des coups de talon à mon cheval pour qu'il avance ça va lui faire mal». Ça ne serait pas plutôt le cavalier qui projette ces propres envies sur l'animal condescendant? Foudre, tonnerre, grêle et pluie s'abattent alors pour lui rafraichir les idées! Mais non, rien a faire les princes charmants ne sont décidément pas ceux qui chevauchent de malheureux chevaux, fatigués de supporter les bêtises de leurs cavaliers.

 

28 décembre 2010

Le gouvernement bolivien a doublé le prix du pétrole. La réaction ne se fait pas attendre. Les routes sont bloquées et les bus annulés. Mouvement de grèves et de protestation ici et là. Personne ne sait vraiment pourquoi. Pas d'information. Rien. Les chauffeurs dorment sous les bus ou dans les soutes à bagages. Le pays enrage mais ne sais plus pour quelle raison. Il y en a tellement de raisons. Marre d'être pauvre. La vie est trop cher. Trop d'enfants qui travaillent. Pas les moyens de faire vivre sa famille. Pas de vacances. Pas de voyages. Pas d'études. Alors quand on a plus d'espoir, on fait la grève, espérant que là haut, les dirigeants n'oublieront pas leurs promesses d'offrir un avenir meilleur au peuple.

 

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Par Sab Ji
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Vendredi 10 décembre 5 10 /12 /Déc 22:41

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29 novembre 2010

De l'autre côté de la rivière, le Guatemala. Comme une parenthèse dans un long voyage, je traverse la rivière pour découvrir l'Amérique centrale. Même si le déclic de l'appareil photo est devenu un son du quotidien; le Guatemala est le bienvenu pour faire une petite pause. Un moment idéal pour enfin réparer mon sac photo, qui se désagrège un peu plus chaque jour, gloire à la qualité  de fabrication indienne. Moi je reprends mon souffle pour repartir de plus belle vers la dernière étape de mon voyage, l'Amérique du Sud.

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30 novembre 2010

Emportée dans le flot touristique, me voici au petit jour à Tikal. Au cœur profond de la forêt vierge s'élève les pyramides Maya. Monde perdu, les pyramides tentent de conquérir le ciel. La forêt a repris ces droits sur ces colossales architectures qui tentaient de la dominer. Prophètes des temps anciens, les mayas ont laissé des stelles annonçant la fin du quatrième monde. Comment ne pas croire en ceux qui ont élevé de si grandes architectures au milieu de la forêt vierge? Les Mayas construisaient pour se rapprocher des Dieux, aujourd'hui on bâtit pour montrer son pouvoir économique. Nous verrons donc pour qui sera la fin et que sera le cinquième monde...

 

1 décembre 2010

La cuisine est l'un des talents des femmes. Partout dans la rue, on trouve de délicieuses saveurs locales. Les « comedor » sont des petits restaurants, où on peut manger pour pas cher. Au menu haricots rouges, et œufs ou poulets. Toujours la même chose. Dans les rues du poulets grillé. Midi et soir du poulet dans mon assiette. Un ami qui voyage depuis longtemps au Guatemala me confit sa peur de se voir pousser les seins à force de manger cet animal plein d'hormones.

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2 décembre 2010

La petite ville de Solola n'a pour elle que son marché. Je m'y balade souvent pour photographier les jolies vendeuses. Comme un vulgaire produit, elles vendent leur image. Faut-il que le commerce soit roi et que plus rien ne soit gratuit. Tout est à vendre même soi. Pas de cadeau surtout à toi qui vient de loin parader avec ton énorme appareil photo autour du cou.

 

3 décembre 2010

Un homme me bouscule pour passer. Ce n'est pas grave. Pourtant il y a de la place dans la petite rue. Il me bouscule car je ne suis qu'une femme. Inférieure. Je ne suis que la côte d'Adam devenue humaine. Une partie inutile d'un corps utiliser pour devenir une distraction, rien de plus. La femme n'est rien. 700, c'est le nombre de femmes tuées cette année. Tuée pour un ou deux dollars. Es-ce le prix d'une vie? Les corps mutilées resteront les martyres d'un pays parmi d'autres où l'homme est tout puissant. Il y a des églises partout mais qui veille sur nous?

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4 décembre 2010

Les femmes et les hommes, de la région de Solola, portent tous des tenues traditionnelles. Les tenues et les coiffures varient pour reconnaître les différentes ethnies. Ce sont les espagnols qui ont imposés les styles pendant la colonisation. Comme pour les « bioman », on reconnaît les gens à la couleurs qu'ils portent. Chapeaux de cowboy pour les hommes longues tresses pour les femmes. La mode américaine n'a pas encore réussit à s'imposer dans cette région. Les Mayas sont un peuple fier de ces origines et nul changement ne semble à envisager pour eux! Les hommes pieds nus dans les champs, les femmes dans les rivières pour laver le linge c'est ainsi que se construit la paisible vie de Solola.

 

5 décembre 2010

Samedi matin sous un beau ciel bleu, deux jeunes gens voient la vie en rose. L'homme attend, impatiemment à l'entrée de l'église, sa princesse. Une grande et belle église, décorée de fleurs blanches et de dentelle. Un voile blanc dans les cheveux, la belle fait sont apparition vêtue de la jupe rose traditionnelle de Solola. Elle s'accroche au bras de son père avant de ne remettre sa vie dans les mains d'un autre homme. Famille, amis sont tous présent pour célébrer l'amour. Le prêtre récite la messe au son de la banda « résurrection ». En signe d'attachement mutuel, le prêtre mets autour de la mariée et du marié deux chaines de fer. Ligoter pour la vie, sous le regard de Dieu les voilà prêt à vivre coûte que coûte les joies et les douleurs du quotidien. Un grand banquet vient couronner cette belle journée. Les mariées et leurs familles trônent sur une estrade. On boit, on mange et on repars chez soi. Tout mes vœux de bonheur à Rosita et Felix, que leur vie soit un conte de fée avec une fin des plus heureuse.

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6 décembre 2010

Autour du Lac Attitlan, des villes paradisiaques ont trouvées refuge sur les flancs des volcans. Belles et paisibles, ses villes sont un havre de paix touristique. Toutes les trois minutes, au cas où on se laisserait aller à la rêverie de ses paysages idylliques, une jeune femme ou un enfant aux yeux rond vient nous rappeler notre condition. Porte monnaie ambulant, on nous propose bracelets, tissus, et écharpes typiques.  Les belles vendeuses ont l'art de l'insistance mais pas de l'originalité. Les innombrables magasins et les vendeuses ambulantes proposent tous la même chose. Un seul type de marchandise fait vivre ou plutôt survivre toutes les communautés environnantes. Ils sont au bord de l'asphyxie générale tant ils essayent tous de respirer la même bulle d'air. Impossible de les faire changer car ils ne savent rien faire d'autre. Pourtant le tourisme diminue et eux sont de plus en plus nombreux. C'est bientôt Noël, laissez vous tenter par une écharpe traditionnelle.

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7 décembre 2010

Chargée deux mes deux énormes sacs, qui sont un peu devenu ma maison j'arpente la rue principale de Chimaltenango à la recherche d'un lieu où passer la nuit. Un homme m'interpelle dans le tumulte ambiant. Je me retourne et voit le petit malin en train de faire pipi et d'exhiber fièrement sont excroissance. C'est le premier exhibitionniste que je croise. Comme réponse à sa démonstration ou « monstration » anatomique; je lui réponds que c'est vraiment petit. Il ferait mieux se rhabiller au plus vite. Il semble vouloir poursuivre cet échange des plus ennuyant, moi, je m'esquive pour des gens plus intéressant.


 

8 décembre 2010

Il est l'heure d'embarquer pour une nouvelle destination. J'attends sur les fauteuils gris de l'aéroport. Un poste de télévision diffuse une publicité sur les merveilles du Guatemala. Nous sommes dans la génération de l'image. Le vide visuel, l'espace blanc est banni. Il faut montrer, il faut voir tout le temps, du ventre de la mère aux détails de votre vie tout ne sera qu'image. La notre et celle des autres. Malgré la profusion des images, il n'existe que deux couleurs. Les images montrent le monde en bi-chromie. Bleu ciel pour les publicitaires et rouge sang pour les médias. Alors dans le reportage on nous donne à voir un joli ciel bleu. Ils disent que le Guatemala est le pays du sourire. On voit les femmes traditionnelles de Solola. Elles sourient devant la caméra, pour quelques quetzals avant de retourner dans leurs vie pauvre. Dans le bleu ciel se cache toujours les autres nuance de la réalité. Dans le rouge sang des médias qui eux nous disent, que dans l'inconnu qu'est le monde, il y a la pauvreté et la violence. Mais jamais le rouge sang ne prend une tonalité plus rose. Le rose de ceux qui sourient parce qu'ils sont en vie. Parce que le bleu est indissociable du rouge. Et parce que les bords carré d'une image ne pourront jamais contenir qu'une petite part de la réalité.

 

Par Sab Ji
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Mardi 30 novembre 2 30 /11 /Nov 22:19

  

28 octobre 2010

Des paysages désertiques qui défilent sous mes yeux. Des hommes aux regards intenses qui portent des chapeaux de cowboy. Je pourrais encore me croire aux États Unis. Pourtant la couleur a envahie les murs des maisons. Du soleil aux sourires des gens tout semble plus chaleureux. Une nuit et un jour me suffisent pour parcourir les quelques kilomètres qui séparent deux mondes, si proches et si différents.

 

29 octobre 2010

Sans un mot d'espagnol, sans guide et sans contacts; j'arrive dans la petite ville de Guanajuato qui fête son festival d'art de la rue. Tous les hôtels sont complets. Une fois encore, je peux compter sur mes bonnes fées, qui de fils en aiguille, m'amènent à rencontrer une vieille dame qui loue une chambre dans sa maison. Tour d'ivoire qui surplombe la ville, ma chambre est atypique. Une collection d'ours en peluche et de multiples objets catholiques, issus de mariages et de baptêmes, ornent le monumental meuble de ma chambre. Je suis dans la chambre d'une petite fille, partie au loin, pour devenir grande.

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30 octobre 2010

Des couleurs, de la joie. Le sourire d'une vieille dame qui vend des quesadillas sur le marché. Une guerre dans les cartels de la drogue. Des indiens et des conquistadors. Un banc pour admirer les pigeons. La transparence d'une tequila qui ravage l'esprit. Maria de Guadalupe. Des traditions et des nouveautés. Des gens qui travaillent de l'aube à la nuit. Ceux qui se laissent bercer par le flot des vagues. Un dessin psychédélique. La vie a embrassé la mort. Du sucre et des épices. Qu'est-ce qu'il n'y a pas aux Mexique?

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31 octobre 2010

Pour le bonheur des petits et des grands. Fidèles à la tradition Mexicaine. Ils sont partout avec leurs nez rouges. Les clowns savent émouvoir du rire aux larmes. De l'humour et du talent à en perdre la tête; chaque coin de rue est un appel au bonheur. Hommes et femmes, ils sont de ceux qui permettent aux rêves de devenir réalité. Un éclat de rire, une femme s'envole sur un trapèze et vous êtes déjà dans un autre monde.

 

01 novembre 2010

Dio de muerte

En ce lundi, la mort est à l'honneur. Partout dans la ville des crânes, des peintures, des dessins de riz et d'épices représentent la mort tant redoutée. Aujourd'hui ce n'est pas la tristesse qui s'exprime. La mort à revêtue les couleurs de la vie et fleurte joyeusement avec les vivants. La mort ne fait plus peur. On mange et on boit avec les êtres chers qui nous ont quitté. Les cimetières sont en fête. La couleur de la mort n'est pas le noir mais le rose et le orange des fleurs offrandes. Aujourd'hui le monde des vivants et celui des morts ne connait plus frontières. Je partage avec la Reine, le pain de la mort et me souvient de tous le bons moments qu'offrent la vie.

 

02 novembre 2010

Les princes charmants mexicains ont été doté du pouvoir de la belle parole. Ils enjôlent sous un compliment, vous submerge d'un regard. Le sourire des princes envoute jusqu'au bal. On entre avec délectation dans la danse. Mais pour l'amour, tous les princes ne sont pas prêt à guerroyer; alors ils n'oublient jamais de demander si vous n'avez pas un autre homme dans votre vie. Les princes mexicains sont sous le charme de toutes les femmes et cherchent plus qu'ailleurs le plaisir de l'amour ...éphémère.

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03 novembre 2010

A quelques kilomètres des villes se trouvent les communautés. Ce sont des villages, relativement pauvres. Certains se déplacent encore à cheval. Les rues sont en terre. L'état d'esprit des communautées fait le grand écart avec celui des villes. Les femmes des villes jouissent d'une totale liberté. Elles goûtent au plaisir de l'amour quand bon leur semble. Elles ont un travail et suivent leurs envies. Les femmes des communautés sont beaucoup moins éduquées que celles des grandes villes. Elles vivent dans un milieu ultra catholique où l'homme est roi. Les plus jeunes des princesses n'ont pas le temps de devenir adultes qu'elles sont déjà mariées. Dès treize ans, elles mèneront une vie de soumission à leur mari. Elles auront autant d'enfant que possible car la religion leur interdit le contrôle des naissances. Pays des extrêmes, le Mexique est un Janus qui regarde aux opposés.

 

04 novembre 2010

Guanajuato signifie la ville des grenouilles. Grenouilles...crapauds. N'est ce pas la ville rêvée pour une princesse de rencontrer son prince charmant?

 

05 novembre 2010

« La vie est complexe mais pas compliquée. » me dit une mexicaine avec une balle de jonglage en équilibre sur la tête.

 

06 novembre 2010

Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pêcheurs, dans tout le Mexique. Des rues aux stations de bus, devant un rideau rouge ou ornée de fleurs, l'image de Marie veille sur la population. Le teint sombre, issue d'un syncrétisme, Santa Maria de Guadalupe, est la plus adorée des mexicains. Les mains exécutent un signe de croix pour demander la protection de la madone. Figure de la douceur et du calme au milieu de la tumultueuse vie mexicaine, le visage de Marie s'incline.

 

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07 novembre 2010

Dans l'ombre des coulisses, je me suis glissée dans les coulisses du spectacle «  Donka ». J'ai découvert des artistes qui avaient surmonté les douleurs pour arriver dans la poésie du clown. Du trapèze au jonglage leurs corps ont vécu l'enfer pour offrir à nos yeux une vision du paradis.


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08 novembre 2010

Dans des ruelles sombres, la lumière des réverbères se reflète en éclats dorés. Pavés difformes et lumière rouge-orange sèment le doute en mon esprit ; si bien que je sais pas si je viens d'arriver en enfer ou au paradis. San Miguel pourrait être la ville des cowboys, entre les cavaliers qui traversent ses rues et les américains qui les ont envahies. Dans le calme des rues désertées à peine la nuit tombée, je serais tentée de me perdre indéfiniment dans la pénombre de la vieille ville; cherchant à découvrir les secrets de cette cité endormie.



09 novembre 2010

Dans la communauté de Comonfort les écoles ne manquent pas. Toutes affichent complet. Les enfants se relaient entre ceux qui ont cours le matin et ceux qui ont cours l'après-midi. La religion chrétienne, poussent les femmes à avoir des enfant alors chaque mère à entre 5 et 10 enfants. Les professeurs parlent avec humour de la super production d'enfants mexicains. Faute d'argent peu d'entre eux auront accès à un cycle d'étude supérieur et les problèmes d'éducation dans les villages sont grands.



10 novembre 2010

Sur les pavés des rues de San Miguel, de vielles femmes en blouses brodées de fleurs vendent des produits du jardin. Elles travaillent encore car le Mexique n'offre pas de système de retraite. Les enfants déposent leur vieux père en fauteuil roulant au coin d'une rue. Le vieil homme a, à peine, la force de tendre la main pour recevoir des pesos. Il n'est pas le seul, beaucoup d'autres font la manche pour avoir de quoi se nourrir. J'ai rencontré une vieille chanteuse uni-jambiste qui, avec sa guitare, embélissait la rue de musique. Elle m'a dit, que pour elle, quelques pesos suffisaient pour éclairer sa journée. Elle était heureuse malgré sa détresse. Je me demande si ,avec la réforme des retraites dans mon pays, un jour nous seront comme ces gens qui ont travaillé toute leur vie et finissent par être dans la rue.



11 novembre 2010

L'odeur de la viande grillée des hamburgers vient chatouiller le nez. Les tamales se cachent dans les feuilles de maïs prêt à être ouverts comme un paquet cadeau. Le fromage des quesadillas fond sous la chaleur. Le sucre des churros excite les papilles. A toute heure, la tentation de dévorer une spécialité mexicaine est grande. La gourmandise est un pêcher auquel on ne saurait résister. Une multitude de petits magasins offrent toujours de quoi grignoter. Et partout, mis en avant tel le diable tentateur, les chips Sabritas. Des pharmacies aux épiceries, le smiley de Sabritas vous invite à dévorer le gras de ses chips. Un bonbon dans la bouche, un paquet de chips dans la main, les enfants ont vendu leur santé au diable. La tentation a eut raison et le Mexique est le premier pays de l'obésité infantile. Les politiques ont bien essayé de retirer Sabritas des écoles mais le diable est riche alors laissons les petites Cendrillon et les petits princes s'arrondir...



12 novembre 2010

Sur la petite place de Valenciana, c'est un jour particulièrement touriste. Une dizaine de bus s'alignent, c'est le moment idéal pour moi de trouver enfin le prince charmant. Dans ma robe rose et le plumeau à la main je pars à la recherche de l'homme de mes rêves. Un jeune homme semble intéressé, je suis au ange. Il m'offre même une bouteille. Mais quand je lui demande une alliance, il reprend sa bouteille et s'enfuit. Je ne compterai pas tous les hommes qui ont fuit ni ceux qui ont fait semblant de ne pas me voir. Peu de gens ont vu de l'humour dans ma démarche. Comme du gibier, les hommes détalent devant moi. Je vais finir par prendre au sérieux la phrase de Mirabeau : « L'homme est un lapin, il s'attrape par les oreilles. »



13 novembre 2010

Souvent lors de ce voyage, ma tête est remplie de doutes et de questions. Comment faire pour donner une véritable image de la femme. Qui sont les Cendrillons? Et puis soudain le soleil réchauffe mon épaule et comme une caresse, plus de doute la chance d'être là suffit à elle même. Marcher dans une rue identique à tant d'autres mais prendre conscience du bonheur d'être dans un ailleurs comme on est chez soi.



14 novembre 2010

Finit les couleurs de Guanajuato, je suis dans l'immense capitale du Mexique. Les murs de la ville sont plus haut et plus gris. Des fils barbelés et des morceaux de verre surplombent les murs. On sent que la ville n'est pas aussi tranquille qu'ailleurs. Pourtant les habitants sont adorables et les rues restent festives et familiales. Les rues et les trottoirs sont plein de pierre et d'ornières donnant à la circulation un goût d'aventure pour éviter les pièges.


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15 novembre 2010

Une tradition purement mexicaine: les mariachis. Les musiciens en costumes traditionnels et sombréros attendent en embuscade prés des bateaux et des restaurants. Ils attendent, flairent leurs proies. D'un bond, ils attaquent! Les guitares font trembler leurs cordes, les cuivres raisonnent. Les pauvres affamés assis au restaurant sont cernés. Aucune chance d'échapper aux mariachis. La musique se déchaine à quelques centimètres de vous, et jusqu'à vous rendre sourd. Le chanteur prend sa plus belle voix pour séduire sa proie et une fois sous le charme les mariachis vous délestent de vos pesos avant repartir vers leurs futures victimes.

16 novembre 2010

 Au bout de la rue du musée, au fond d'un parking, se dresse le chapiteau multicolore du cirque Demente. De jeunes et jolies trapézistes s'entrainent tous les jours à plusieurs mètres du sol. Leurs jolies peaux sont couvertes de bleus causés par les cordes des trapèzes. Puis des années, elles forgent leur corps à surmonter la douleur pour atteindre la beauté et la poésie. Comme des Cendrillon, elles ont compris que le monde du rêve ne s'atteint qu'au prix du travail et de la douleur.

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17 novembre 2010

Le cirque a envahi Mexico! Sur les places, des clowns font leurs numéro. Ils jonglent, ils blaguent, utilisent les passants dans leurs sketchs. Les nez rouges sont une mode que l'on trouve partout. Les équilibristes, jongleurs, danseurs sont eux aussi de la fête. Impossible de marcher dans les rues sans s'arrêter pour admirer un spectacle ou simplement séduit par une musique. La vie mexicaine est un spectacle perpétuel. En voiture c'est au coin des feu rouge que les artistes font leurs numéro. Cerceau, feu, jonglage, le sourire aux lèvres, ils dévoilent leurs talent dans l'espoir d'un peu d'argent.

 

18 novembre 2010

Au Mexique, il y a d'étranges traditions que j'aimerai bien comprendre. Qui pourrait me dire pourquoi des gens accrochent les chaussures sur des câbles électriques pendant que d'autre collent leurs chewing-gum sur des arbres? Des idées pour pour m'expliquer ces non sens qui font le charme de ce pays?

 

19 novembre 2010

Oaxaca est une belle ville coloniale au sud du Mexique. Partout les marchés vendent des produits de l'artisanat local. Je suis sous le charme de ces vieilles dames qui semblent détenir dans les replis de leurs rides tous les secrets de la vie. Mon appareil photo tente de saisir leur beauté qui n'appartient plus au temps. Surprise comme entre d'essayer de voler leur âme c'est finalement elles qui me capture. Mon supplice pour avoir succombée à leur beauté sera de devoir mangé un des petits insectes grillés qu'elles vendent. Un petit verre de Mezcal serait le bienvenu pour m'encourager.

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20 novembre 2010

Mitla est un village près de Oaxaca. Comme dans tous le Mexique, les habitants fêtent le bicentenaire de la révolution. J'arrive dans la ville avec un défilé de rickshaw ( j'ai peur que ces diables à trois roues ne m'aient suivi depuis l'Asie) et de majorette. A mi chemin entre le kitsch et le sexy les jeunes filles marchent en rythme mal ordonné dans les rues de la communauté. Je suis dans un de ces villages attachants ou le mauvais goût rimes avec chaleur humaine.

 

21 novembre 2010

Dans les montagnes de Oaxaca, le village de Hierve de agua abrite de somptueuses cascades figées. De l'eau surgit du sommet de la montagne puis s'écoule en piscine à débordement naturelle. Les touristes pataugent dans ce paradis blanc au milieu des verdoyantes montagnes. Les touristes ne s'arrêtent pas ou peu dans le petit village qui est juste avant. Les habitants sont même surpris que quelqu'un vienne et leur dire bonjour. Les conditions de vie dans le village sont sommaires. Les maisons faites de briques et de tôles n'abritant ni du froid ni de la chaleur. La cuisine des femmes et l'eau se trouve encore à l'extérieur. Une route de terre traverse le petit village qui se cache dans un nuage de poussière à chaque fois qu'une voiture passe. Je me demande à qui profite les droits d'entrée pour les cascades quand je vois la pauvreté du village. L'argent à peut-être servit à construire cette énorme église pas encore terminée, au milieu du village. Ou comme une tradition, les politiques se remplissent les poches, laissant aux pauvres l'espoir de jours meilleurs.

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22 novembre 2010

Deux tresses parcouru par un rubans de couleurs, les femmes zapoteques gardent un charme venu des temps anciens. Suivant en silence le bon vouloir des hommes.Elles sont les gardiennes de la tradition. Au delà de la pauvreté et de la violence conjugale, leurs sourires rayonnent dans les ruelles de Mitla.

 

23 novembre 2010

14 heures de bus séparent Oaxaca de Palenque dans les Chiapas. La compagnie de bus ADO détient le monopole des transports de voyageurs dans le sud. ADO sponsorise l'équipe foot nationale mais il faut bien faire des économies...alors taxons les passagers. Dans le joyeux monde d'ADO on voit rouge, la couleur de la compagnie. ADO vous fera payer cinq fois le prix normal pour la garde des bagages. Une publicité vous explique que si vous aviez payé votre billet plus cher vous pourriez voyager dans un bus platinium et avoir ce les autres compagnies proposent pour beaucoup moins cher. Et si la qualité de service ne vous a pas coupé l'appétit sachez que le bus ne s'arrêtera pas avant 23 heure dans un restaurant ADO sans aucune autre option qu'un repas médiocre au prix d'un plat gastronomique.

 

24 novembre 2010

La ville de Palenque ressemble à une ville de bord de mer mais au milieu de la forêt tropicale. Un match de catch anime la place publique. Le gentil gagne sur les méchants, ouf tout va bien.

 

25 novembre 2010

De Palenque, un mini bus me dépose à la croisé des chemins. Au cœur de la forêt vierge quatre directions s'offrent à moi. Comment choisir une direction dans ce village si calme qu'on n'entend pas un bruit autre que ceux des animaux. Je rentre dans une cour espérant qu'une bonne âme m'ouvre la porte. Fort heureusement le tourisme n'a pas épargné le village Maya et la plupart des maisons se trouvent être des campements qui attendent les touristes. La forêt vierge est dompté et moi j'ai une jolie cabane avec un gros cafard sauvage pour la nuit.

 

26 novembre 2010

Ce matin, je suis dans la forêt vierge affrontant lianes et rivières déchaînées. Mon guide porte la tenue blanche traditionnelle des Maya qui le détache du vert sombre de la forêt. Ce soir, je suis à l'anniversaire d'une petite fille. Dans l'église du village Maya pend une pinata « Cendrillon »et la jeune fille, qui fête son anniversaire, porte une robe de princesse toute rose. Au cœur de la forêt vierge la situation est surréaliste. Pour fêter la venue de Cendrillon je casse ma première pinata et les enfants se jettent sur les bonbons. Les 399 habitants de Lacanja Chansayab prouvent qu'il est possible de succomber à la mondialisation sans perdre ses traditions.

 

27 novembre 2010

Faites comme le damier des échec, je me laisse prendre au jeu de Frontera corozal. Des rues d'eau et de terre vont toujours droit devant elles. Les dindons jouent les rois de la ville en gonflant leurs plumes et leurs orgueils. De la rue à l'assiette les poules sont les pions damnés. Les chevaux attendant sagement leurs cavaliers. Les fous se baignent dans l'eau pollué de la rivière qui sépare le Mexique du Guatemala. Et je suis accueillit comme une reine.

 

28 novembre 2010

Je ne me lasserai jamais de voir ,dans les herbes hautes, les délicates lucioles. Dans la nuit sombre, leurs lumières tentent de rivaliser avec les étoiles. Ultime image poétique que je garderai du Mexique. Hasta pronto Mexico

Par Sab Ji
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jolis livres à lire

In search of cinderella, Katherin Goodwin, Ed Shen's book.
Les histoires de Cendrillon racontées dans le monde, Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, Ed Syros.
Sous la cendre figures de Cendrillon, Nicole Belmont et Elisabeth Lemirre, Ed José Corti.
Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim, Ed Pocket.
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