Vendredi 5 novembre 2010 5 05 /11 /Nov /2010 17:58

cerfj.jpg

16 octobre 2010

Avec le décalage horaire, cette journée se poursuit implacablement. Je reçois comme un coup de fouet le changement culturel bien avant d'être sur le territoire américain. Des sushi au hamburgers, plus pizza, plus brownies, j'arrive sur un autre continent. J'arrive dans le pays XXL. On oublie les timides japonnais, on multiplie par trois la taille en largeur et en longueur, voici les USA.

 

17 octobre 2010

Comme dans d'autres grands pays, les américains ont prit le goût de la démesure. Des hamburgers, aux paquets de chips les petites portions n'existe pas et les extra larges culinaires finissent par se retrouver sur le tour de taille de toute une population.

La démesure est aussi dans les paysages et dans les villes. Les avenues sont immenses. Pas un piéton sur les trottoirs, les voitures, aussi XXL, sont indispensables aux américains. Si la psychologie dit vrai et que l'on peut mesurer la taille d'une voiture au problème sexuel d'un homme alors l'Amérique a de quoi trembler.

cactusj.jpg 

18 octobre 2010

Sur l'un des immenses parkings de grands magasins, j'ai rencontré un homme étrange. Dans les rues d'Albuquerque, il y a beaucoup de marginaux et de drogués qui font peur aux honnêtes citoyens. Celui-ci avec sa compagne ressemblait plus à un alcoolique. Il m'a observé un petit petit moment avant de m'aborder. Discrètement, il me proposa d'acheter une bague de fiançailles ornée d'un solitaire. Ou bien était-ce un prince qui me proposait le mariage....

 

19 octobre 2010

J'habite chez la parfaite famille américaine. Tout ce que l'on peut imaginer des clichés américains se trouve dans la maison de cet adorable couple. Fervents protestants, une grande maison, deux chiens (similaires à celui de la « petite maison dans la prairie »), deux filles parfaites (vierges avant le mariage). Ouverts, altruistes, aidants, ils incarnent à eux seuls le rêve américain.

 

20 octobre 2010

Déambulant dans des pyjamas au milieu de la journée, il faut croire que la féminité a cédée au confort. Contrairement à d'autres états, les femmes du Nouveau Mexique considèrent qu'il faut les accepter telles qu'elle sont. Femme à l'état brut, elles affirment leurs formes. Elles ne se masquent pas sous une épaisse couche de maquillage. Elles sont simplement elle; tellement elles même.

 

21 octobre 2010

Walmart est un super marché ou l'on peut tout acheter: On rentre pour acheter un paquet de riz et on ressort avec une arme comme on aurait acheté une friandise. Les armes ne sont pas un plaisir réservé aux hommes. Les princesses guerrières des États Unis aiment aussi jouer avec les fusils. Elles en achèterons même pour leurs enfants. Et oui à Walmart, on vend aussi des babyguns!

 fenetrej.jpg

22 octobre 2010

Les américains évoluent dans des bulles. De la sphère familiale à la sphère professionnelle en passant par la voiture. Ils se risquent parfois pour faire les magasins à sortir un court moment de ce qui les séparent du monde. Quand on à la chance de croiser quelqu'un hors de sa bulle; il vous sourit et vous demande « Comment allez vous? » avant de replonger aussitôt dans sa sphère de l'intime. Toutes les bulles, gravitent les unes autour des autres sans avoir de véritable échange; chacun vit dans son petit monde de confort laissant les rues désertes et réservant la vie au strict cadre du noyaux familiale.

 

23 octobre 2010

Samedi est le jour du marché à Gallup. C'est une sorte de vide grenier ou l'on peut aussi bien acheter de l'artisanat local, un vieux pot de peinture ou un mustang. Au marché, il y a aussi le général Jim et la générale Marie venus motiver les soldats de Dieu. Dans leurs beaux costumes de guerre, ils viennent prêcher la parole de Dieu au milieu du marché. Des dizaines de prospectus, font la propagande anti-musulmane ou explique de manière la plus généraliste possible en quoi ils sont meilleurs que les autres églises. « In god we trust » n'est pas seulement imprimé sur les billets de banque mais aussi dans le cœur de gens. Il permet au travers d'un doux fanatisme de conserver le patriotisme du peuple et la foi dans un rêve américain qui s'écaille de plus en plus.

 

24 octobre 2010

Je recherche depuis plusieurs jour un moyen de rejoindre Zuni, la réserve indienne. Aucun transport public ne s'y rend. Mes contacts sur place ont laissé tomber leurs belles promesses et me voilà avec mes deux sacs à dos, seule, à 30 miles de mon but. Le stop sur la route s'impose comme la seule option possible. A peine arrivée sur le bord de la route, je monte dans la voiture d'un adorable couple de personnes âgées. Ils me déposent directement dans le centre de Zuni. Reste encore à trouver un logement car le seul hôtel de la ville est bien au dessus de mes moyens. Je pars arpenter la rue principale; suivit d'un homme sympathique mais alcoolique. Puis, le long de la route, je fais la rencontre de David qui me déposera à l'office de tourisme. L'office de tourisme n'est pas d'une grande aide, voir ne sert à rien. Je recroise David qui devant mon désarroi me propose de rester chez un de ces amis. C'est ainsi que la chance m'a conduite dans la réserve Zuni.

paysagej.jpg  

25 octobre 2010

Mes amis indiens sont de joyeux drilles. Ils aiment profiter de la vie et se retrouver tous ensemble. Cette tribu est l'une des plus traditionnelle. Les Zunis ont survécu aux attaques navaro et à la colonisation espagnole. Pourtant héritage de la colonisation, l'alcool c'est installé comme une nouvelle tradition. Les journées s'écoulent au rythme des cannettes de bière et les fiers indiens courent peut-être le plus grand danger de leur histoire. L'alcool et la drogue se sont confortablement installé dans les foyers, devenant un des piliers du quotidien.

 

26 octobre 2010

Chez le Zuni et comme dans beaucoup d'autres cultures, le foyer est le monde des femmes. Les femmes travaillent, s'occupent des enfants et de la maison. Les femmes ne participent pas aux rites d'initiations et certains lieux sacrés leurs sont interdits. Pourtant, les femmes Zunis sont épanouies et vivent avec sérénité dans le cocon de la réserve.

piedj.jpg 

27 octobre 2010

Comment souvent dans ce voyage, j'ai l'impression qu'une bonne fée veille sur moi. Partant le matin, sans savoir comment je vais faire pour rallier Albuquerque, à 3 heures de route. Je finirai par passer la journée dans une association de personnes âgées avant qu'une femme ne m'emmène directement dans la capitale du Nouveau Mexique. Je finirai par passer la nuit en attendant mon bus dans une soirée salsa. Les serveuses, du bar, ont inventé le concept de la micro jupe qui découvre leur fessier à chaque pas. Des princesses venues danser aux bals, se lancent dans des chorégraphies équivoques qui ne laisseront pas les princes de marbre.

 

Soudain l'horloge sonne la fin de mon voyage américain...

Par Sab Ji
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mardi 19 octobre 2010 2 19 /10 /Oct /2010 23:04

japon3-185color.jpg

29 septembre 2010

Les quelques heures d'avions entre Delhi et Tokyo ne sont qu'une mince frontière qui séparent deux mondes radicalement opposés. Le monde du désordre et celui du trop parfait.

 

30 septembre 2010

Le japon a toujours un gadget électronique pour vous surprendre. Des sièges de toilette chauffants, avec un tableau de bord pour les multiples fonctionnalités du pipi room, aux machines qui emballent les parapluies pour ne pas inonder le sol des grands magasins. Le Japon tend à répondre aux réalités de ses mangas et fait de la vie quotidienne un rêve ludique.

 

1 octobre 2010

Cette nuit telle une Cendrillon, je suis allée au bal. J'ai dansé perdue dans des bras puissants. Sous le charme des princes il fallait pourtant que je me sauve avant minuit. Mes beaux souliers argents, blessaient tellement mes pieds fragiles, que je me suis mise pieds nus pour courir après mon carrosse. De retour à mon hôtel j'ai examiné mes pieds, il n'y avait pas la moindre trace de poussière. Les trottoirs Tokyoïtes sont si propres qu'on dirait un décor de cinéma et non une ville aussi vivante.

 

2 octobre 2010

Le réceptionniste de l'hôtel m'a dit où je pourrais rencontrer des Geisha et que j'aurais de la chance de pouvoir les croiser dans la rue. Alors il faut croire que pour une fois j'ai de la chance. La femme-artiste parée de son kimono le visage d'un blanc pur et la bouche rouge sang apparue. Une nuée de photographe comme des paparazzis attendent l'apparition des geishas, joyaux de la culture japonaise.

 

3 octobre 2010

Dans le quartier de Gion à Kyoto, on peut apercevoir les Geishas et les Maikos qui se rendent à leur rendez-vous vêtues des plus beau Kimono. Un théâtre joue en une heure et demi un condensé de la culture asiatique. Les touristes sont ravis de voir s'enchainer de courtes représentations des plus célèbres traditions japonaise telle la danse des Maikos. Le directeur du théâtre a eu la gentillesse de me présenter deux Maikos. J'étais toute impatiente de rencontrer ces sublimes créatures. Les Geishas et les apprenties Geishas ne correspondent pas à nos critères de beauté. Je me suis retrouvé face à deux jeunes filles un peu naïves qui rêvent de gloire. Les dents jaunes, peu de conversation, c'est ainsi que m'est apparu le fantasme des japonais.

 

4 octobre 2010

Le japon se tourne définitivement vers le futur. Les confortables buildings ont remplacés les maisons traditionnelles. Pas de quartiers vraiment anciens, ça c'est une chose qui plaît aux européens; eux regardent droit devant. Pourtant il n'est pas rare de croisé des gens vêtus de tenues traditionnelles ou de voir des temples qui reflètent les valeurs anciennes toujours observées par les japonais.

 

5 octobre 2010

Perfection rimerait-elle avec Japon? Les japonnais sont d'un calme incroyable. Ils ne s'énervent jamais, sont toujours très polis et ils s'excusent surtout si ce n'est pas leur faute. Le japonais doit réussir à la perfection. C'est un devoir, une épreuve absolue que la société impose. Dans la rue, les japonais tremblent quand on leur demandent un renseignement; ils ont peur de mal nous diriger. Les japonnais sont parfaitement habillés, parfaitement maquillés, parfaitement parfait.

 

6 octobre 2010

La ville de Nara est un sanctuaire touristique. Des nuées d'écoliers viennent visiter la ville et ses nombreux daims. Les enfants portent tous le même costume et suivent, en rang, le drapeau du guide. Les jeunes filles portent des mini jupes plissées et des chaussettes qui montent jusqu'au mollet. Jeunes lolita conscientes ou non de leur pouvoir de séduction. Les collégiennes entretiennent depuis plusieurs générations des fantasmes d'adultes. Des cours de récréation au manga pornographique, il n'y a qu'un pas que l'imagination des dessinateurs prend plaisir à franchir.

 

7 octobre 2010

Le rêve est entré dans les rues de la capitale nippone. Des princesses manga insufflent de la magie dans le quotidien. La timidité locale se dissimule sous des couches de dentelle, derrière du fond de teint, dans le rose des robes. Chacun joue le rôle de sa vie, son rêve de super héros. 15 minutes de gloire hebdomadaire immortalisées sous les flash des touristes.

 

8 octobre 2010

Dans tous les temples, on trouve sur des petits papiers les prédictions pour notre bonne fortune. La magie c'est qu'elles sont toujours positives, à croire que la vie ne nous réserve que de bonnes surprises. Mon petit papier de 5 cm par 15 m'a prédit que mes rêves allaient se réaliser, que j'allais retrouver ce que j'avais perdu. Et comble du bonheur, je vais pouvoir accoucher sans douleur...oui mais de quoi??

 

9 octobre 2010

De l'hôtel style occidental au ryoken via les onsens en passant un agréable moment dans un love hôtel pour finir dans une capsule les nuits s'envisagent sous toutes leurs formes. De l'un à l'autre, j'évolue dans des univers de plus en plus surréalistes. Dans la nuit le Japon se montre à moi sous tous ces visages.

 

10 octobre 2010

Dans le calme de la rue, il est déjà 3 h du matin. Les quartiers de Roppongi et Shibuya sont aussi vivant qu'en plein jour. La ville est lumière. Tous les gens dans la rue brille par leur style, leur charme. Les néons des grands magasins nimbent la ville d'un immense arc en ciel.

 

11 octobre 2010

Dans le soucis de perfection, la société japonaise compte néanmoins quelques marginaux qui vivent dans la rue. Ils sont certainement les SDF les mieux organisés du monde. Comme des enfants, avec des problèmes d'adulte, ils se sont construits un royaume avec des boites en carton. J'observe un homme qui dort dans sa maison de carton. Sa tête repose sur un journal, il a retiré ses chaussures...ses chaussettes d'un blanc éclatant sont tellement plus propre que les miennes.

 

12 octobre 2010

Le monde des fées existe bel et bien et je suis une princesse. Enfin c'est ce que j'ai compris, dans les rue d'Akihabara quand une soubrette avec des oreilles de chat m'a entrainée dans un maiden café.

Sans pour autant se retrouver dans le surnaturel, ces cafés sont un univers à part entiere. Ici les rêves d'enfant ont prit le pas sur le monde réel. Des crèmes glacées sorties d'un manga. Du rose, du rose encore et toujours. Les cosplay girls vous donnent du rêve façon lolita et vous le font payer cher. Et oui être une princesse n'est pas donné à tout le monde; demandez à ces hommes en costume qui passent leurs soirées à collectionner les photographies de ces femmes enfants.

 

13 octobre 2010

Les cheveux décolorés, des coiffures ahurissantes, chemise blanche, veste noire se sont les beaux gosses de Tokyo. Ces jeunes hommes au look chic et branché attendent dans les rues de Shinjuku. Ils attendent des femmes pour aller boire des verres dans un bar branché. Princes aux allures charmantes, ils se font payer par des princesses en mal d'amour qui veulent passer une soirée royale!

Et si c'était ça le bal du futur???

 

14 octobre 2010

Dans la rue des jeunes gens distribuent des mouchoirs en papier avec de la publicité sur l'emballage. C'est tout juste si on ne nous force pas à les prendre. Mais pourquoi des mouchoirs en papier quand on sait qu'il est impoli de se moucher en public? Est-ce pour essuyer mon chagrin de devoir partir dans 2 jours de cette culture si incroyable?

 

15 octobre 2010

Des ouvriers travaillent sur la voie publique. Un passage piéton a été aménagé pour contourner les travaux. Des tapis sur le sol nous indique la route et des petites barrières de sécurité nous protège de la route. Au cas où nous serions perdus pas moins de 5 personnes nous attendent à chaque tournant avec un bâton lumineux pour nous indiquer le sens à suivre. Je dois précisez que les travaux font au moins 60 mètres de long.

 

16 octobre 2010

Début de ma journée de 38 h. Ma dernière balade tokyoïte m'emmène à la suite d'un cortège de travestis. Après tout, les première Geisha étaient des hommes. Royal dans leurs palanquins, cinq hommes traversent les rues d'Asakusa. Un dernier clin d'œil de la culture japonaise et de ses petits miracles avant d'embarquer dans un avion pour Chicago.

 

 

Par Sab Ji
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 13:47


 

16 août 2010

Après une longue absence me voici de retour dans le pays de mes rêves: l'Inde. Je suis à Calcutta, la ville de Kali, la déesse guerrière. En trois ans, tout est identique à mes souvenirs. Le bruit assourdissant, les même rickshaws et les même mendiants. Chaque centimètre carré de la ville me replonge dans les souvenirs.

 

17 août 2010

Dans la rue, une vieille femme me sourit. Enroulée dans son sari multicolore, elle me regarde avec ses yeux si intense. Elle me prend la main et veut m'obliger à lui toucher la tête, un signe de soumission en Inde. Je refuse catégoriquement. Elle me saisit le pied, une fois de plus en signe de respect et de soumission. Je me défile, elle avale un clou. Je retrouve l'Inde dans toute sa folie et dans l'absurdité des rapports entre castes ; qui obligent certains hommes à se soumettre à d'autres, sous prétexte d'une faute commise dans une vie passée.

INDE1-008.jpg 

18 août 2010

Quinze heures de train pendant lesquelles je trépigne avant de retrouver Varanasi. 11H00, les rickshaw walah m'accueillent toujours aussi fourbes. Le bruit intense à Varanasi. Des klaxons, des cloches de temples, des vendeurs de rues, de la vie elle-même. Les Indiens qui répètent comme des mantras les « Come in my shop » et «Where you from ?», « Oh France, Paris, Lyon, Toulouse, Marseille... ».Les rues pavées, les odeurs nauséabondes, rien ne change dans la ville éternelle. Les seules qui jouissent d'un calme tranquille et d'un rythme à part son les vaches qui écument les ruelles à la recherche d'une poubelle à déguster.

 

19 août 2010

Bras ouverts, je retrouve ceux qui m'avaient tant manqué pendant ma longue absence. Comment décrire la joie de retrouver des amis dont on avait presque pas de nouvelle depuis une éternité. Leur vie n'a pas beaucoup changé. Mais les plus jeunes sont aujourd'hui des adultes épanouis. Ils ont toujours cette fâcheuse habitude de me demander constamment où vas tu? Que vas-tu faire là-bas? Des phrases à répétition qui m'auraient presque manqué.

 

20 août 2010

De nombreuses recherches m'ont permis de trouver une magnifique chambre pour un prix très raisonnable. De vert et de violet mon nid douillet se trouve dans un havre de paix. Près d'un jardin, je dispose de mon propre balcon avec vue sur le Gange. Ma petite chambre a une porte a l'avant et une à l'arrière. Je suis la princesse d'un mini royaume qui domine, le fleuve sacré.

21 août 2010

INDE1 137

La féminité prend une dimension toute particulière en Inde. Les femmes sont des halos lumineux dont les saris, aux couleurs chatoyantes, subliment toutes les formes. Une femme qui sort sans maquillage est comme nue. Maître, dans l'art d'assortir les bracelets aux sari et à la tika. Elles sont le silence et la pensée. Elles appartiennent à un monde différent de celui des hommes. Les femmes ne sont pas libre. Il est un devoir de s'épanouir dans la vie que ses parents ont choisit pour soi. Elles apprennent à trouver leur bonheur dans la fatalité. Elles sont « shakti » le pouvoir féminin.

22 août 2010

Les Hijaras sont mi femme, mi homme. Rajesh, un ami de longue date m'a trouvé un rendez-vous avec un responsable Hijaras. L'homme est venu nous rencontrer dans le magasin de Rajesh. Il porte un jean,un tee-shirt et une barbe de trois jour. Seule sa coupe de cheveux colorée façon année 80 trahit son appartenance à la caste des Hijaras. Il nous dit qu'il vient de la haute caste des Hijaras. Il se décrit comme un paon qui contrairement à la femelle peut déployer une multitude de plumes chatoyantes. Il nous parle de la danse et son corps potelé s'illumine et devient gracieux comme un oiseau. Mais notre longue discussion ne me donne pas de réponse quant à ma question de pouvoir rester avec eux. Il me faudra faire preuve de patience et attendre une autre entrevue.

23 août 2010

Dans Bengali tola, LA rue des commerçants et des touristes où tout se joue, je retrouve par le plus grand des hasards mon ancien livreur de lait. Un longyi blanc, une barbe blanche, des yeux d'une incroyable douceur. Il est tel un sage, chevauchant sa bicyclette pour distribuer le lait immaculé. En quelques mots nous résumons les longues années qui se sont écoulées. Un élément me choc. Sa grande sœur c'est suicidée, il y a à peine quelques mois. Des problèmes de famille qu'elle n'arrivait pas à résoudre. Un oncle qui la maltraitait. La voici saisissant un bidon de pétrole. De la tête aux pieds, elle s'imbibe. Une étincelle. Le temps s'accélère. Elle est déjà recouverte du feu purificateur. Une ancienne tradition qui la propulse après l'ultime douleurs auprès de ces ancêtres.

24 août 2010

INDE1-119.jpg

Un festival parmi les festivals : Rakcha Bandam. Le lien familiale étant sacré en Inde, une fête célèbre le lien particulier qui unis les frères et sœurs. La vie des femmes étant plus difficile, les frères doivent protéger leurs sœurs. Pour remercier leurs frères les femmes les bénissent puis leurs offrent un bracelet et des pâtisseries. J'assiste à la cérémonie dans une pièce minuscule avec toute une famille. Chaque frère est désormais à la tête d'une véritable fortune en gâteau. J'ai l'eau à la bouche. Je demande si moi aussi je me en manger un quand mon ami me dit que si je croque dans un de ces délicieux gâteaux, il va me pousser de la barbe.

25 août 2010

INDE17-063.jpg

Depuis que je le connais, Rajesh m'a toujours dit qu'il choisirait sa femme et qu'il ne demanderait pas de dot. Pendant mon absence, il a rencontré une jolie jeune femme. Il s'est marié avec l'élue de son cœur brisant au passage le système des castes. Pour le jeune couple les choses ne furent pas simple. Leur histoire ressemble point par point à un film de bollywood. La riche famille de la belle, demanda à la police d'arrêter Rajesh pour enlèvement. Le jeune couple finit par se retrouver loin de chez eux dans une cellule. C'est dans ces conditions que leur mariage fut célébré. Une longue histoire des rebondissements à n'en plus finir, une vilaine belle famille, un cousin dans le rôle du traitre et voilà comment la fiction bollywoodienne rejoint la réalité indienne. Les jeunes amants ont clamé leur amours, combattu les injustices et finalement triomphé des épreuves de la vie. La police accepta leur amour et les laissa libre ( contre un magnifique backshish). L'histoire connait une fin heureuse et la petite Pali en est aujourd'hui le témoin vivant.

26 août 2010

La vie en Inde est une constante alternance entre les haut et les bas. Ce matin tout ce passe bien, je me prépare à un énième festival dans les rues de Varanasi. Ce soir les Hijras vont danser. Je suis impatiente de voir cet endroit. Mon ami, m'a donner rendez-vous à minuit, un véritable horaire pour une Cendrillon. Je ne veux pas m'endormir et rater son appel. J'attends patiemment dans ma chambre d'hôtel luttant contre le sommeil. 00H30 toujours pas d'appel. Je suis inquiète. Je bombarde sa messagerie téléphonique. Pas de réponse. Je ne connais pas le lieu exact du festival, je suis coincée et vois s'envoler mes Hijaras danseuses.

Le lendemain je demande, inquiète, à mon ami ce qui lui est arrivé. Sa jeune femme ne voulait pas qu'il sorte et l'a séquestré dans la chambre avant de lui prendre son téléphone portable. La vie des couple indien n'est définitivement pas de tout repos.


27 août 2010

Ma collecte d'indices m'a conduite près du Durga temple pour découvrir le tanière d'un groupe d'Hijaras. Je découvre les belles en sari triant le riz. La chef vient me demander 20 000 roupies. Ne les ayant pas, elle me dit de dégager avec un regard noir et un ton dédaigneux. On ne peut pas s'attendre à autre chose de l'une des caste les plus rejeter de l'Inde. Mais j'insiste et l'on me dit de revenir avec quelqu'un qui parle hindi.

28 août 2010

Entre attente, retards, allez et retour je parviens tout de même à aller rejoindre les Hijaras du Durga temple. Ils sont toujours ensemble, ils discutent et se disputent. Les mains claquent pour essayer de s'impressionner mutuellement. Je repars et reviens plus tard sur leur demande. Finalement, personne ne veut que je reste avec eux. Je peux bien sur prendre des photographies et leur poser des questions mais seulement pour 5000 roupies par jour. Un prix d'ami...

29 août 2010

INDE17 067

Ce dimanche matin, je retrouve la classe de danse Kathak dont je faisais partit il y a trois ans. Le cours se déroule dans la plus pure tradition indienne, un désordre total. Les petites filles, belles à croquer sont vêtue de rouge et de blanc. Certaines s'entraînent quand les autres entassées dans la minuscule salle de classe attendent leur tour. Aujourd'hui est de plus le jour des anniversaires une dizaine de petites filles soufflent les bougies et découpe un énorme gâteau. Il semble que la tradition locale fête les anniversaires en « gros ».

30 août 2010

Le temple de Shiva.

Il est un petit temple à Varanasi qui sert exclusivement à bénir les nouveaux nés. Toutes les femmes de la famille viennent apporter une offrande au Dieu pour bénir le nouveau né. La religion est l'un des aspect magique de l'Inde. Les femmes réunies en cercle autour d'un autel improvisé sont comme des bonnes fées priant pour le brillant avenir et la bonne santé du bébé. Le petit temple est empli de vapeurs d'encens et déborde des couleurs que portent les femmes. C'est un moment d'une intense ferveur.

31 août 2010

Les Hijaras étant trop coûteux pour moi; je décide d'aller à la rencontre d'un autre sujet qui m'intéresse: les prostituées. La vie de ces femmes est particulièrement difficile. Je les trouve dans un quartier spécifique. Elles habitent près d'une gare. Ce n'est pas un quartier pauvre. Il y a de nombreuses écoles, des bijouteries de luxe et le showroom de grandes marques automobiles comme Honda. Les maisons des travailleuses du sexe, comme les appellent les indiens, sont bordées par un point d'eau. Les buffles se baignent, les enfants jouent et inonde l'ambiance de leur éclat de rire tandis que les femmes attendent devant leur porte. Ces femmes viennent d'autre région ou d'autres pays beaucoup d'entre elles n'ont pas de papier. Le tarif est d'en moyenne un euro pour une passe. La plupart des hommes les frappent mais elles n'ont pas le choix et subissent en silence la réalité de leur vie.

1 septembre 2010

Deuxième jour chez les prostituées.

Je m'approche doucement de ces femmes à qui la vie n'a pas fait de cadeau. Je bois, chaque jour, un chai dans l'un des deux chai shop de la rue. Les prostituées sont dans le même chai shop que moi quand dans celui d'en face se trouve exclusivement des hommes. Ils sont tous regroupés épiant le moindre événement de la rue. Certaines prostituées sont hostiles à ma présence et je les comprends mais beaucoup sont attentionnées envers moi.

2 septembre 2010


Troisième jour chez les prostituées.

Les belles de la rues passent du temps à effacer les douleurs de la nuit pour muer en papillons colorés. Elles entourent leurs corps dans de magnifiques saris. Elles portent les plus beaux bijoux qu'elles peuvent se permettre. Un peu trop de maquillage. De leurs lèvres jaillit la couleur. Dans certains yeux brillent encore une lueur enfantine. Le monde du rêve est leur seul échappatoire et pendant quelque instant avant de commencer le travail, elle sont des princesses.

Une femme bengali rayonne dans sa robe rose. Personne ne pourrait deviner que c'est une prostituée quand on la voit chanter et danser avec sa petite fille. Pourtant sur son beau visage à la forme arrondie les hommes ont laissé leurs empreinte. Le côté gauche porte des traces de brûlure et son arcade droite c'est ouverte sous les coups d'un prince des ténèbres.

3 septembre 2010

INDE17 204

Quatrième jour chez les prostituées.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser toutes les femmes sont mariées. Je n'ai vu qu'un seul de leur mari qui était muet mais je me demande quel genre d'homme pousse sa femme à faire cet horrible métier. Mon amie Bimla, me demande sans cesse de la prendre elle et ses enfants et de partir le plus loin possible du cauchemar de leur vie.

5 septembre 2010

Cinquième jour chez les prostituées.

Le dimanche est le jour faste pour les prostituées de Varanasi. Les clients sont nombreux pour ce jour de « repos ». Je fais par hasard la rencontre d'un avocat. Il veut savoir ce que je fais là. Je lui répond que pour moi, il n'y a pas de différence entre les êtres humains et que ces femmes travaillent pour survivre. Mon amie Bimla fait ce travail comme ça mère et sa grand-mère avant elle. Pour elle il n'y a aucune perspective de changement. L'avocat me dit que c'est une femme perdue et qu'elle ira comme toute sa famille, droit en enfer. Il me dit qu'il n'est pas client. Je ne le crois pas mais lui propose, puisse que son métier est de défendre la justice, de soutenir ces femmes face aux hommes qui les battent violemment. Il me répond que c'est normal car elles en ont l'habitude et se ne sont pas des être humain.

Cet avocat, malgré ses hautes études semble avoir une vision de la justice bien particulière. Hélas, cette opinion représente une grande majorité du peuple indien.

6 septembre 2010

L'art du rickshaw walah.

Le rickshaw walah est un conducteur de tricycle motorisé ou non. Ils ont l'art suprême de pouvoir se mouvoir dans l'intense circulation des routes indiennes. Ils klaxonnent sans répit pour signaler leurs présences. Oui, ils sont bien là et sont la vie des routes citadines. Dès que l'on sort sur une route principale, ils sont là à vous attendre. Ils sont les renards, nous sommes les inoffensifs poulets qu'ils s'apprêtent à dévorer. Ils vous suivent et vous harcèlent. Quand vous avez besoin d'eux, il faut d'abord demander le prix. Les rickshaws n'ont peur de rien et vous annonce fièrement un bon prix trois fois supérieur au tarif normal. Une fois à l'intérieure du bolide l'aventure commence. Droite, gauche, gauche droite, ces autos tamponneuses de la vie réelle évitent de justesse les autres véhicules. Puis si l'on sait toujours d'où l'on part l'arrivée reste un mystère. Si vous avez de la chance on vous déposera dans un hôtel que vous n'avez pas demandé ou vous aurez la visite gratuite d'un magasin. Quand le bonheur d'arrivé vivant à destination vous aurez peut-être le plaisir de voir le prix de votre course augmenter pour une obscure raisons. Grâce aux rickshaws walah, la vie ne nous paraît jamais monotone.

 

7 septembre 2010

Descendues d'un camion comme une marchandise, elles arrivent de la province voisine : les femmes du Bihar. Le regard noir et profond témoigne de l'insondable douleur de leur vie. Mendiantes et certainement prostituées. Chaque année, elles envahissent les rues de Varanasi avec un nouveau né dans les bras, pour apitoyer les passants. Leur enfant, celui d'une autre, personne ne le saura jamais. Ces femmes sont les personnages d'un tableau vivant, savamment orchestré par la mafia locale pour nous monter à quel point nous avons la chance d'avoir la vie que nous avons; et pour bien sûr faire du malheur un commerce.

8 septembre 2010

INDE17 178

Huitième jour chez les prostituées.

Devant la barrière des mots, j'ai trouvé un nouveau moyen d'échange avec les femmes. Je fais du henné. Je pare la peau de leur corps de fleur et de fresque. Je dissimule derrière des arabesques les stigmates des coup de couteaux sur leurs poignets. J'apprête les corps de femme-enfant avant que ceux-ci une fois la nuit tombée ne soit une fois de plus souillés, battus, méprisés. Je participe à la parure des princesses de la nuit. Je leur donne l'éclat et le respect qu'elles méritent tant.

9 septembre 2010

Je n'ai jamais vu un film de bollywood qui se finissent bien. Les belles histoires d'amour sont-elle vraiment impossible en Inde?

10 septembre 2010

Fièvre de l'Inde et fièvre tout court.

11 septembre 2010

x

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de la naissance de Ganesh. Les femmes ont dépensé des fortunes en bijoux et saris. Elles sont comme des princesses qui partent en groupes prier pour la longue vie de leur mari. Est-ce une vieille coutume pour ne qu'elles finissent pas brûlées vive trop jeune sur le bûcher de leur époux? Les mentalités ont évolué depuis les Sati (femmes qui accompagnent dans les flammes leurs défunts maris) mais une femme n'est rien sans un mari et la vie des veuves est souvent un enfer. Je prie pour elles.

12 septembre 2010

Dernier jour avec les prostituées.

Je dois partir. J'ai les larmes aux yeux. Comment faire pour quitter ces femmes qui ne possèdent que leur humour pour lutter dans la vie? Leurs blagues vont me manquer. Elles ont la vie la plus dure que je connaisse pourtant elles ne se plaignent pas. Elles aussi ont le cœur lourd en me voyant partir. Elles me raccompagnent main dans la main jusqu'à la route principale. Le rickshaw m'emporte dans la nuit.

13 septembre 2010

Les trains bleus vous emmènent partout à un rythme si lent qu'on a le temps d'apprécier chaque minute.

14 septembre 2010

Pendant les longues heures de voyage, l'esprit se mets au repos il navigue entre un pseudo sommeil et une réalité au ralentit. Entre rêve et réalité, j'ai perdu l'état de conscience pour flotter dans un « entre » monde, le regard perdu, le temps n'a plus d'importance.

15 septembre 2010

INDE17 386

Je me suis perdue dans une petite ville du Karnathaka. Je suis une femme seule, dans un hôtel remplis exclusivement d'hommes, qui recherche des prostituées sacrées. Chaque fois que je rentre dans ma chambre quelqu'un essaye d'ouvrir la porte j'entends la poignée qui grince. A 7 km de la ville se dresse le temple couvert de poudre rouge et jaune. Ces couleurs sont le signe de la déesse Yallama. On dit qu'elle exhausse tous les souhaits. Mon vœux ne sera pas exhausser car les prostituées sacrées ne sont plus qu'un mythe. Aucune ne fait dont de son pouvoir féminin dans le temple. Les prostituées ne se réunissent que pour des festivals. Le temple est triste. La pluie s'abat avec rage sur le village. Je repars.

16 septembre 2010

En l'absence, des devdassis; je reprends la route pour Bangalore qui abrite une forte communauté Hijaras. J'embarque dans un bus local pour une nuit éprouvante. Recroquevillée au fond du bus, mon corps bondit à chaque nids de poules sur la route. Le bus ne semble vouloir ne s'arrêter que pour prendre de nouveaux passagers. Je négocie avec le chauffeur une pause pipi dans une station de bus. Devant l'entrée, s'impose le plus cruel spectacle de mon voyage. Un mendiant dort profondément aux côté d'une jeune femme. Le visage tendu vers le ciel, elle aussi dort comme une statue. La jupe remontée, les jambes pliées et ouvertes. Vénus offerte. Un liquide blanc suinte de son vagin comme une plaie ouverte qui jamais ne pourra cicatriser. Le sommeil est venu emporté cette jeune femme dans cette position improbable comme pour qu'elle puisse se réfugier dans le monde des rêves. Combien d'hommes sont venus injecter leur poison dans ce petit corps? Vendue? Violée? Consentante? Je ne saurai jamais la terrible réalité de celle, que même la dignité semble avoir abandonnée à la perversité du monde. Je suis repartie, sans un bruit, lâche avec mes cauchemars, impuissante face au drame infini de cette femme à laquelle la vie n'a rien donné et les hommes ont tout pris.

Y a-t-il vraiment des contes de fée pour les plus pauvres des Cendrillons?

17 septembre 2010

Bangalore est un mystère qui ne se dévoilera pas. Les hôtels sont complets ou hors de prix. Comme une fuite, je repars en arrière dans un local bus qui est devenu mon quotidien. Des longues heures de bus assise le regard dans le vague; je garde le souvenir d'un Sadhu venu s'assoir près de moi. Du bout de sa canne, l'orgueilleux m'ordonne de ne pas poser mes pieds nus sur la banquette. Pour répondre à sa provocation je m'enroule dans un tissu orange, saisit ma propre canne et entonne des Om nama Shiva. Rien de plus facile que de s'improviser Sadhu en Inde. Les gens du bus ont le sourire aux lèvres et le sadhu devient sage comme une image, assit sur son siège.

18 septembre 2010

Dans le Karnathaka, je recherche à Hospet les Hijaras tant redoutés des indiens. Papier à la main, je demande des informations dans toute la ville. Les hommes me donnent des informations mais refusent d'aller à proximité de ces personnes mi-femme mi-homme. C'est finalement un groupe d'enfant qui guidera mes pas. Dans une ruelle, derrière un rocher un Hijaras me saisit la main et me fait entrer dans son monde. Elle se nomme Shruti : l'écoute. Celle que la société à rejeter à cause de sa différence habite dans un temple pour la déesse Durga.

19 septembre 2010

Hampi est une ville merveilleuse. Des paysages enchanteurs, au temples et en passant par une myriade de guest houses, restaurants et autres magasins de bijoux et de vêtements tout est fait pour le touriste. Partie avec quelques amis visiter les environs, nous avons fait l'expérience de la mafia des auto-rickshaws. Devant notre refus de payer un prix exorbitant pour une petite distance, ils ont finalement, après quelques minutes accepter notre prix. Les fourbes pensaient que nous n'avions pas vu le bus arriver. Nous sommes montés dans le bus à destination d'Hampi heureux d'avoir échappé à cette bande enragée de rickshaws, quand ceux-ci ont bloqué le bus pour nous faire descendre. Le chauffeur du bus désemparé n'eut pas d'autre choix que de nous demander de prendre le bus suivant qui était gouvernemental. Nous sommes donc montés dans le bus local et les rickshaws ont parlé au chauffeur. Dans le bus, ils nous ont fait payer sans donner de ticket pour faire 500m et nous déposer à l'entrée d'une route. Il n'en fallait pas plus pour me mettre en colère face à ces hommes qui profitent continuellement des touristes. Je suis sortie et avec humour j'ai bloqué le monstre de fer prête à tout pour montrer que je n'accepterai d'être abusée et que l'on nous manque de respect.

20 septembre 2010

Shruti

Une femme est née avec un corps d'homme. Elle aime les saris. Sa démarche chaloupée lui donne l'air d'une reine. La société indienne ne donne pas de place à la différence. Elle a choisit d'être du second sexe. Elle se prénomme Shruti. Elle n'est pas un homme. Elle n'est pas une femme. Shruti est Ardhanarishvara , la double nature. Elle est née prince dans une riche famille mais à choisit la vie d'une Cendrillon. Pauvre mais libre d'être elle-même. Shruti a trouvé sa nouvelle famille auprès des Hijaras, la caste des androgynes, transsexuels et travestis.

21 septembre 2010

Shruti vit ses rêves de princesses au travers des saris qu'elle porte. Le tissu de 5 m de long fait dissimule ses formes masculines pour révéler toute sa féminité. Elle me fait entrer dans son monde et me fait aussi princesse. Je passe dans le temple qui lui sert de maison une demi journée à essayer des saris. L'apparence est un jeu. Ce jeu est sa vie.

22 septembre 2010

Dans la rue, dans les magasins des petites mains s'égarent. Quand je marche seule qu'il y a un peu de foule ou que je vais faire des achats, je sens sur mon corps des caresses subtiles. Les frustrations de quelques hommes frôlent discrètement mes hanches. Aussi légères que sont ces caresses aussi pesante est la pression constante que les hommes posent sur les femmes. Refusant cette pression, je joue à tu me touches, je te tape. Les hommes courageux ne perdent pas une seconde pour partir en courant, il faut dire que mes 45 kilos sont impressionnants.

28 septembre 2010

japonet-inde-205.jpg

En Inde, il y a le pire et le meilleur. On est constamment submergé par des sentiments contradictoires. Pourtant la vie en Inde peut-être aussi simple et tout semble trouver son équilibre dans la profondeur d'un regard. 

Par Sab Ji
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 09:13

 

24 juillet 2010

 

A peine descendue de l'avion en provenance de Chine, j'embarque dans un autobus à destination de Mandalay. La pluie qui s'abat sur les vitres me laisse découvrir un paysage pointilliste au fil des kilomètres. La nuit tombe rapidement faisant disparaître le tableau qui s'offrait à mes yeux. Deux guirlandes rouges et vertes s'illuminent de chaque coté de bus. Je deviens une enfant qui comme dans la nuit qui précède Noël s'impatiente de découvrir les fabuleux trésors qui l'attendront au petit matin.

 

25 Juillet 2010

 

L'écrin de la nuit berce encore Mandalay quand je monte dans un trishaw pour traverser la ville. Il est à peine 5 heure du matin et pourtant les premiers habitants sont déjà dans les rues. Les moines parcourent, pieds nus, la ville en demandant l'aumône. Des boutiques ouvrent timidement leurs portes. La vie s'anime petit à petit annonçant les premières lueurs du jours. Encore quelques heures et voilà les « tea shop » bondés, les rues ont retrouvées le flux chaotiques des véhicules essayant d'éviter les nids de poules. Les conducteurs de taxi hèlent les passants donnant un rythme aux carrefours de Mandalay.

 

26 juillet 2010

 

Le conducteur de trishaw qui m'avait promis la veille de m'emmener à une fête religieuse vient de s'excuser pour s'être trompé de jour. Une erreur récurrente dans un pays où le temps semble s'être figé. Pour s'excuser, Doma, m'invite à passer la journée avec sa famille. Sa jeune femme, sa nièce, lui et moi partons à l'ascension de la colline de Mandalay sur laquelle a été érigé l'un des nombreux  temple dédié à bouddha. La montée des marches se fait pieds nus. Entrecoupés de pauses, nous gravissons petit à petit le sommet de la colline. La famille de Doma est très attentionnée. Les birmans sont l'un des peuples les plus gentils et souriant du monde. Leur vie simple et la protection de Bouddha suffit à les rendre heureux. Parvenus au sommet, une vue sublime dominant Mandalay s'offre à nous. Devant la statue de Bouddha ultime récompense de notre ascension nous faisons pique nique. Le bouddhisme Teravada se vit au quotidien et bien que les pagodes soient les lieux les plus sacrés, elles n'en reste pas moins un lieu de loisirs, de commerce et vie au Myanmar.

 

27 juillet 2010

 myanmar5-847.jpg

Le Myanmar est certainement l'un des derniers pays qui fait de la résistance face à la mode occidentale. La jeunesse n'est pas encore complètement contaminée par le jeans et le tee-shirt à paillettes. La mode birmane est uni sexe. Homme et femme portent fièrement le traditionnel longyi, un simple morceau de tissu noué à la taille mais pas dénué de charme. Les femmes et certains hommes arborent sur leur visage le tanaka. Symbole de l'esthétique traditionnel, le tanaka ressemble à une peinture jaune pâle. Extrait d'un morceau de bois, la précieuse peinture s'applique sur le visage et parfois le corps. Chaque matin, les femmes, le visage couvert de tanaka sont comme des guerrière de la beauté prête à livrer le combat poétique de la vie au quotidien.

 

28 juillet 2010

 myanmar5-214.jpg

La campagne birmane ressemble a une carte postale. Des paysages magiques, ponctués de quelques maisons en bambou révèlent une nature débordante. Avec leurs grands chapeaux, les paysans travaillent dans les rizières. Les hommes labourent la terre avec leurs buffles. Les femmes répètent inlassablement les mêmes gestes pour arracher et replanter le riz. Les pieds dans la boues, des insectes leurs grimpent sur les jambes mais rien n'arrête le rythme ancestrale des corps travaillant dans les rizières. Le ciel de la mousson d'un gris sombre révèle avec force les couleurs vives de la nature. En fin d'après-midi, les paysans rentrent du champ, sourire aux lèvres car la journée s'achève. Tous vont se baigner dans la rivière fougueuse avant de s'endormir sous une nuit étoilée. Demain, la même journée recommencera dans un temps qui a déjà perdu tous lien avec le réel.

 

29 juillet 2010

 myanmar1-770.jpg

Une excursion, devenue quotidienne, dans les chemins de boues me mène avec quelques autres étrangers dans un monastère aux alentours de Hsipaw. Le bel édifice de bois sur pilotis abrite une salle principale avec la statue de Bouddha. Les murs sont recouverts de décorations diverses et variées. Ici une horloge, une autre là-bas, un calendrier, un poster d'une personnalité... Sur la gauche, le moine responsable du monastère se tient sur une grande estrade. Il nous offre à tous le thé et des biscuits. Une nonne vient nous servir. Ne parlant pas anglais, il est difficile de communiquer avec ce moine. Puis comme pour nous montrer ses richesses, il allume la télévision et regarde un match de boxe. Derrière lui des posters d'équipes de foot. Bouddha perdrait-il sa suprématie au profit du sport roi.

 

30 juillet 2010

 myanmar5-681.jpg

Avec deux autres routards, nous partons à la découverte des villages Shan, l'ethnie principale du nord est du Myanmar. Après une petite marche, trois motos s'arrêtent enfin pour nous prendre en stop. Mon pilote est rapide comme l'éclair. Assise à l'arrière de la moto un vent de liberté souffle dans mes cheveux. Une sensation paradoxale dans une dictature. L'un de nos chauffeur porte un treillis militaire, il nous confira que c'est pour passer inaperçu auprès de l'armée dont les hommes ne se connaissent pas entre eux. Éblouis par la beauté du pays et la gentillesse de ses habitants, nous aurions presque oublié l'espace d'un instant la pression que le gouvernement exerce sur la population. Après l'incontournable thé birman nous laissons nos chauffeurs et allons dans un joli village Shan. Comme toujours se sont les enfants, toujours prêts à prendre la pause devant l'objectif, qui nous accueil. On pourrait se croire dans la version asiatique de « la Petite maison dans la prairie ». Tout le monde sourit et paraît heureux. Un village de fermiers qui se réjouissent de leur vie simple mais pleine de bonheur. Encore un thé dans le « tea shop » et nous voilà rejoins par tous les enfants du village. Un échange interculturel de danse et de chant s'improvise. La dizaine d'enfants ordonnée en ligne est définitivement mieux organisée et plus talentueuse que nous ne le somme. Ces enfants, encore si naïfs, nous offrent un bel exemple du bonheur malgré l'état de répression dans lequel ils vivent.

 

31 juillet 2010

 

Toujours fermement décidée à ne donner que le minimum de taxe à la dictature, je pars rejoindre Mandalay en stop, accompagnée d'un autre français un peu fou; venu découvrir la culture bouddhiste. A peine arrivés sur la route principale, un beau camion jaune à faire rêver les enfants s'arrête pour nous prendre. La cabine est spacieuse et installés comme des rois, nous dominons la route. Les routes du Myanmar ne sont pas en bon état ce qui crée des temps de trajet important. Avant l'arrivée du tourisme, c'était les travailleurs forcés qui s'occupaient des routes. Aujourd'hui le gouvernement offre une somme symbolique aux hommes, aux femmes et aux enfants pour ce travail éreintant.

 

1 août 2010

 

Sagain est une petite ville au sud de Mandalay. Pour parvenir à cette ville il faut traverser un pont gardé par les employés du gouvernement. Pas de mot de passe pour traverser de simple dollars suffiront. Il n'est pas question pour mon acolyte et moi de donner le moindre dollars pour les caisses d'une dictature. Nous rentrons dans une phase de négociation. Les deux employés restent fermes et ne veulent rien savoir. Puis au bout d'un petit quart d'heure le mot magique « gift ». La dame demande du parfum français. Hélas, je n'en ai pas sur moi. Je fini par proposer un magnifique stylo fabriquer par les meilleurs chinois et une vraie broche en faux argent ( trouvée par terre quelques jours plutôt). Les employés du gouvernement sont ravis de leurs présents et nous ravis de pouvoir franchir le pont.

 

2  août 2010

 

Une longue et éprouvante route me sépare de Kalau. Sous la chaleur, entre bus, stop et pick-up le temps s'éternise et les membres recroquevillés souffrent de la route chaotique. Mais à Kalau c'est une épreuve bien plus difficile qui m'attend : choisir un guide pour partir en trekking. Dans la jungle des soixante guides que comptent la ville; il ne faut pas se tromper. Il y a les tigres qui s'abattent sur leur proie dès la sortie du bus et les chacals qui exhibent des tarifs prohibitifs. Au milieu de cette jungle on ne sait qui choisir, au hasard des rencontres un homme vous sourit apportant un peu de paix dans cette quête impossible. Vous avez envie de le suivre quand un autre vient gâcher vos certitudes, affirmant que ce guide travaille pour le gouvernement. Le touriste naïf se retrouve les deux pieds dans un nid de serpent.

 

03  août 2010

 myanmar5-088.jpg

 Aujourd'hui c'est le grand jour du marché à Kalau. Les villageois de toutes ethnies sont venues vendre le fruit de leur dur labeur. La petite ville d'ordinaire tranquille est en effervescence. Sur mon chemin je rencontre à plusieurs reprises un étrange homme, grand et à l'allure dégingandée. A notre seconde rencontre je décide d'en savoir plus sur lui. Je lui pose des questions sur son travail. Il me dit qu'il fait partit du bureau d'investigation. Je lui demande s'il recherche des informations sur les étrangers. Il me répond : « oui ». Il est difficile d'avoir une conversation claire avec lui, son anglais est sommaire et sa bouche est pleine de bétel qui rend son discours incompréhensible. Il m'écrit la plupart des choses qu'il veut me dire, ce que je ne comprends pas mieux.. Il veut finalement me montrer quelque chose dans la ville.  A tout hasard, je le suis mais très vite il essaye de me caresser les cheveux puis de me prendre la main. Il n'en faut pas plus pour que je le laisse sur place et m'en retourne faire des photographies. Bouche bée sur le trottoir, il arrivera à me lancer une dernière demande :  « Give me 1000 thousend kyats for alcool. »

 

Plus tard j'apprendrai que l'homme en question est musulman et qu'il a déjà deux femmes. Cet homme à définitivement perdu ses valeurs et je ne serai certainement pas sa troisième femme!

 

 04  août 2010

myanmar5-379.jpg

Après plusieurs heures de marche dans les sentiers boueux qui bordent les rizières nous arrivons dans un village  Palaung. Une joyeuse tribu d'enfant accoure. Les hommes travaillent au champ et quelques femmes restées au village viennent nous voir. Les femmes Palaung sont mariées suivant le choix de leur famille dès l'âge de 16 ans. Une femme se doit d'avoir entre 4 et 5 enfants. Leur ethnie se distingue par leur longy noir avec une bande rouge que seule les vieilles femmes portent encore.

Je leur pose des questions comme êtes vous heureuse dans votre vie et pourquoi? A quoi correspond l'amour pour vous? Les réponses se limiteront à un simple je suis heureuse avec mes enfants. Les gens des villages ne vont quasiment pas l'école. A cause du manque d'éducation, ils ne se posent pas de question ni n'exprime aucune curiosité au regard de l'extérieur.

 

05  août 2010

myanmar5-723.jpg

Un belge, une espagnole et une française partent faire un trekking dans la campagne birmane. Cela aurait pu être le début d'une histoire drôle (que nos pays respectifs aiment tant) mais c'est finalement l'histoire de la belle rencontre avec notre guide: Thiri. Petit bout de femme ultra dynamique, elle nous amène sur les sentiers à la découverte de la culture locale. Issue d'une famille modeste, elle travaille d'abord dans les rizières puis comme femme de ménage dans les hôtels. C'est là que grâce à des touristes elle apprendra l'anglais. Puis à force de travail, elle devient guide et ouvre sa propre agence. Sa vie pourrait ressembler à un conte de fée si son prince charmant ne s'était pas transformé en crapaud. La belle jeune femme ne se laisse pas aller à des regrets et grâce au bouddhisme, elle trouve l'énergie d'affronter la vie avec passion et courage. Heureuse de la vie quelle mène, elle voudrait que rien ne change et que son pays conserve pour toujours ses traditions.

Souvent, j'observe Thiri. Elle ne marche pas, elle danse. Balançant alternativement ses bras et ses anches, elle virevolte dans la campagne verdoyante comme un papillon. Un homme passe avec un panier de champignon et la voilà surexcitée tant la belle récolte l'impressionne. Thiri est l'amie de tous, la femme enfant qui rit aux éclats. Avant de se coucher une dernière prière pour Bouddha et hop d'un bond, elle se jette dans son lit prête à rêver aux merveilleuses histoires qui peuplent sa vie.

 

06 août 2010

myanmarv8-272.jpg

Touristes « intrépides », bâton de marche à main, chaussures réhaussées par quelques kilos de boues, nous arrivons fièrement à Inle. Comme festin de bienvenue, un bol de soupe instantanée chinoise nous récompense de nos valeureux efforts. Point le temps de nous reposer, un bateau nous attend pour la traversée du lac. Au-dessus des eaux calmes un ciel d'orage s'étire comme une ultime épreuve à notre périple. Mi sur terre mi sur l'eau la vie des habitants s'écoule au rythme du tourisme. Les reines des eaux viennent à l'abordage de notre embarcation pour vendre souvenirs et bijoux traditionnels. Nous combattons cette attaque surprise et continuons notre route jusqu'à Nyangshwe. Forts de notre victoire, face aux épreuves imaginaires du pays le plus sure et calme du monde, nous partons nous reposer...

 

07 août 2010

myanmarv8-090.jpg

Je suis, en bateau, deux amis qui veulent rencontrer les femmes aux longs cous. Une heure de traversée sur l'immense lac nous amène dans un magasin de bijoux. L'accueil est chaleureux: thé et biscuits à volonté. La visite commence par une démonstration de la fonte de l'argent. Nous poursuivons par la fabrique du papier avant de finir dans un magasin de souvenir. J'ai l'impression d'être dans le paradis du tourisme moins agressif que la version chinoise mais suffisant pour faire perdre au célèbre lac Inle tout sentiment d'authenticité. Au terme d'un second magasin (décidément les maisons à pilotis sont immenses) nous rencontrons enfin les femmes Pataug. Importées, comme des objets précieux, de l'est du pays, trois générations sont présentes. Dans leurs vêtements traditionnels, le cou orné du célèbre collier en laiton, elles sont splendides. A l'origine, ce collier atrocement lourd qui déforme le cou était pour rendre les femmes laides afin de ne plus susciter la convoitise des tribus voisines. Le destin c'est bien joué de la tribu Pataug. A défaut des voisins, c'est un ennemi bien plus dangereux,le tourisme, qui a convoité ces femmes d'exceptions. Aujourd'hui condamnées à attirer le touriste dans les magasins; elles sont les plus belles des esclaves modernes.

Une adolescente nous demande si nous souhaitons les prendre en photo. Elle semble souffrir plus que les autres, sa tête ne bouge même plus, prisonnière des anneaux dorés. Une dualité s'installe en moi. Le photographe en moi veut appuyer sur le bouton mais la femme est contre l'esclavage et ne veut point y participer. Quelques minutes de réflexion, de grandes discussions pèsent le pour et le contre dans mon cerveau. Trop tard. J'ai appuyer sur le bouton, en une fraction de seconde j'ai encouragé l'esclavage de la femme. J'ai honte.

 

08  août 2010

Dans le bus que j'emprunte pour me rendre à Rangoon, la capitale déchue des affiches représentant Bouddha recouvre une grande partie du pare-brise. Le bouddhisme est une institution au Myanmar (98% de la population est bouddhiste). Le culte bouddhiste a envahi le moindre espace de la vie locale. Les gens se lèvent tôt le matin pour prier. La plupart des birmans ont déjà vécu au moins un mois dans un monastère. Des temples pour bouddha se trouvent sur tous les banians et on ne compte plus le nombre d'illustrations que l'on trouve absolument partout. Les jours de congé les birmans aiment visiter les temples et le bouddhisme est omniprésent dans leur vie. Le paysage du Myanmar est ponctué d'excroissances dorées s'élevant droit vers le ciel : les pagodes. Des kilos d'or et de joyaux pour abriter les reliques de Bouddha ou simple temple pour abriter les statues de « l'éveillé »; les pagodes sont partout. Plus nombreuses que les écoles et les hôpitaux réunis, les pagodes font la fièreté de l'un des pays les plus pauvre du monde. Le gouvernement attache un soin tout particulier aux pagodes. Lors du cyclone Narguis en 2007 les pagodes ont été reconstruite avant même que tous les habitants ne soient relogés. Certains disent que le gouvernement paye ses mauvaise action en érigeant des pagodes. A en croire le nombre de pagodes et les kilos d'or on pourrait penser que le gouvernement a mauvaise conscience et que le poids de sa dette est immense.

 

09  août 2010

16 heures de bus, pendant lesquelles le sommeil m'aura emportée loin des merveilles du nord du Myanmar. J'ouvre les yeux pour découvrir la capitale déchue du pays. Tumultueuse et chaotique, une ville de paradoxe s'offre à mon regard. Les immeubles coloniaux sont eux même colonisés par la végétation. Des magasins encerclent les pagodes dorées. Des buildings contemporains se dressent fièrement au-dessus des échoppes éphémères qui ont envahi la rue.

 

10  août 2010

myanmarv6-056.jpg

Les portes du Myanmar sont grandes ouvertes pour les femmes. Elles ont accès à l'éducation. Aucun métier ne leur résiste. Une forte majorité de jeunes filles peut choisir son futur époux. Les femmes ont tellement de pouvoir qu'elles finissent même par faire peur aux hommes. La loi birmane défend le droit des femmes. Si une épouse se plaint de son mari celui-ci est directement envoyé à la case prison. Le divorce est prononcé et les bien partagé en parts égales. Le mariage devient une épreuve pour les pauvres princes charmants dont la princesse se transforme en vilaine marâtre.

 

11 août 2010

Kick boxing's Cinderella? La boxe birmane est un sport national hautement apprécié. Sans gant, les hommes se frappent jusqu'au K.O. L'histoire de Cendrillon, montre la vie d'une jeune fille qui se « bat » pour surmonter ses difficultés. Loin d'être princesse fragile qui attend son prince charmant, je décide moi aussi de me lancer dans la bataille. Et voilà que j'intègre un club de boxe. De jeunes princes musclés s'entraînent dur. Avec mes faibles muscles, je me joins à eux. Le regard droit, la sueur ruissèle sur mon visage comme la mousson sur Rangoon. Mes quadriceps, mes abdominaux, et tous les muscles, dont je ne soupçonnait pas l'existence, souffrent mais je suis bien décidée à ne pas baisser ma garde!

 

12 août 2010

Vêtues de rose comme des princesses mais les cheveux rasés, je suis dans le monastère des nonnes. Moins vénérées que les moines, ces femmes passent leurs journées dans les prières pour Bouddha. Levées à 4h elles prient, puis elles vont dans la rue demander l'aumône. Elles sont les sages qui ont fait dont de leur féminité pour se consacrer à la prière.

Je rencontre la responsable du monastère. La vieille femme, au regard tendre, porte une feuille d'arbre sur chaque tempes qui lui donne une allure extra-terrestre. Les nonnes m'invitent à manger devant le temple de Bouddha. J'ai devant moi du thé, du café, de l'eau. Je vide un verre et elles le remplissent aussitôt. Le repas est fait de riz et de légumes. La responsable pousse la nourriture jusque dans ma cuillère et quatre autres nonnes me regarde manger sourire aux lèvres. Comme des mères, ces femmes qui ne connaîtrons jamais les joies de la maternité semble m'avoir adopté.

 

13  août 2010

Paya Swedagon : joyaux de la religion bouddhiste Teravada. Entrée 5 dollars ou 6000 kyats.

1 dollar = 1000 kyats. Je n'ai pas de dollar. Je ne veux pas donner mille kyats de plus à la dictature. J'esquive les nombreux gardes et profite de la beauté étincelante de la paya.


 14 août 2010 

myanmarv8-198.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De l'aube au milieu de la nuit, des chaises en plastiques et des petites tables envahissent les rues. Du bleu, du rouge, du vert, on se croi rait à un goûter pour enfant. Les odeurs de friture et d'épices flottent dans l'air. Ici rien pour les enfants, nous sommes dans le plus grand lieu d'échange social: les tea shop. On boit, on mange les meilleurs plats traditionnels, on parle affaire, on parle de tout et de rien mais surtout de rien d'important car les oreilles du gouvernement traînent un peu partout. Chut buvons!

 

 

15  août 2010

J'admire une dernière fois les moines en file indienne qui demandent l'aumône au restaurant du coin. Un ultime thé sur l'une des petites chaises en plastique de la rue. Je m'engouffre dans un taxi essayant d'enivrée ma mémoire des images et des odeurs de ce pays irréel.

Par Sab Ji
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 06:40

Chère Madame Fabienne Verdier


J'ai l'honneur de vous inviter le Dimanche 18 JUILLET 2010

à danser à minuit sur les rues de Kunming.

 


 

Pour la première je demande a une femme d'être mon prince. Dans Cendrillon, le Prince à une valeur toute symbolique. Il représente l'ascension sociale; le besoin de reconnaissance pour que la jeune fille soit enfin valorisée pour toutes ses qualités. Vous êtes la première personne que j'ai vraiment admiré pour son investissement artistique. La ténacité dont vous avez fait preuve pour réaliser votre rêve en Chine restera toujours pour moi un exemple et raisonne comme ma définition d'un artiste. Au travers de votre livre la passagère du silence vous m'avez donnez l'envie de découvrir la Chine. Ce pays n'a plus rien a avoir avec celui des années 80 mais je vous demande de m'accorder une danse entre les 2 pagodes de Kunming.


Dans l'attente d'une réponse,

Cendrillon




Tenue princière fortement conseillée. 

Par Sab Ji
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Expositions / Exhibitions

Recherche

jolis livres à lire

In search of cinderella, Katherin Goodwin, Ed Shen's book.
Les histoires de Cendrillon racontées dans le monde, Fabienne Morel et Gilles Bizouerne, Ed Syros.
Sous la cendre figures de Cendrillon, Nicole Belmont et Elisabeth Lemirre, Ed José Corti.
Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim, Ed Pocket.
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés