Partager l'article ! Le Mexique jour après jour: 28 octobre 2010 Des paysages désertiques qui défilent sous mes yeux. Des hommes a ...
28 octobre 2010
Des paysages désertiques qui défilent sous mes yeux. Des hommes aux regards intenses qui portent des chapeaux de cowboy. Je pourrais encore me croire aux États Unis. Pourtant la couleur a envahie les murs des maisons. Du soleil aux sourires des gens tout semble plus chaleureux. Une nuit et un jour me suffisent pour parcourir les quelques kilomètres qui séparent deux mondes, si proches et si différents.
29 octobre 2010
Sans un mot d'espagnol, sans guide et sans contacts; j'arrive dans la petite ville de Guanajuato qui fête son festival d'art de la rue. Tous les hôtels sont complets. Une fois encore, je peux compter sur mes bonnes fées, qui de fils en aiguille, m'amènent à rencontrer une vieille dame qui loue une chambre dans sa maison. Tour d'ivoire qui surplombe la ville, ma chambre est atypique. Une collection d'ours en peluche et de multiples objets catholiques, issus de mariages et de baptêmes, ornent le monumental meuble de ma chambre. Je suis dans la chambre d'une petite fille, partie au loin, pour devenir grande.
30 octobre 2010
Des couleurs, de la joie. Le sourire d'une vieille dame qui vend des quesadillas sur le marché. Une guerre dans les cartels de la drogue. Des indiens et des conquistadors. Un banc pour admirer les pigeons. La transparence d'une tequila qui ravage l'esprit. Maria de Guadalupe. Des traditions et des nouveautés. Des gens qui travaillent de l'aube à la nuit. Ceux qui se laissent bercer par le flot des vagues. Un dessin psychédélique. La vie a embrassé la mort. Du sucre et des épices. Qu'est-ce qu'il n'y a pas aux Mexique?
31 octobre 2010
Pour le bonheur des petits et des grands. Fidèles à la tradition Mexicaine. Ils sont partout avec leurs nez rouges. Les clowns savent émouvoir du rire aux larmes. De l'humour et du talent à en perdre la tête; chaque coin de rue est un appel au bonheur. Hommes et femmes, ils sont de ceux qui permettent aux rêves de devenir réalité. Un éclat de rire, une femme s'envole sur un trapèze et vous êtes déjà dans un autre monde.
01 novembre 2010
Dio de muerte
En ce lundi, la mort est à l'honneur. Partout dans la ville des crânes, des peintures, des dessins de riz et d'épices représentent la mort tant redoutée. Aujourd'hui ce n'est pas la tristesse qui s'exprime. La mort à revêtue les couleurs de la vie et fleurte joyeusement avec les vivants. La mort ne fait plus peur. On mange et on boit avec les êtres chers qui nous ont quitté. Les cimetières sont en fête. La couleur de la mort n'est pas le noir mais le rose et le orange des fleurs offrandes. Aujourd'hui le monde des vivants et celui des morts ne connait plus frontières. Je partage avec la Reine, le pain de la mort et me souvient de tous le bons moments qu'offrent la vie.
02 novembre 2010
Les princes charmants mexicains ont été doté du pouvoir de la belle parole. Ils enjôlent sous un compliment, vous submerge d'un regard. Le sourire des princes envoute jusqu'au bal. On entre avec délectation dans la danse. Mais pour l'amour, tous les princes ne sont pas prêt à guerroyer; alors ils n'oublient jamais de demander si vous n'avez pas un autre homme dans votre vie. Les princes mexicains sont sous le charme de toutes les femmes et cherchent plus qu'ailleurs le plaisir de l'amour ...éphémère.
03 novembre 2010
A quelques kilomètres des villes se trouvent les communautés. Ce sont des villages, relativement pauvres. Certains se déplacent encore à cheval. Les rues sont en terre. L'état d'esprit des communautées fait le grand écart avec celui des villes. Les femmes des villes jouissent d'une totale liberté. Elles goûtent au plaisir de l'amour quand bon leur semble. Elles ont un travail et suivent leurs envies. Les femmes des communautés sont beaucoup moins éduquées que celles des grandes villes. Elles vivent dans un milieu ultra catholique où l'homme est roi. Les plus jeunes des princesses n'ont pas le temps de devenir adultes qu'elles sont déjà mariées. Dès treize ans, elles mèneront une vie de soumission à leur mari. Elles auront autant d'enfant que possible car la religion leur interdit le contrôle des naissances. Pays des extrêmes, le Mexique est un Janus qui regarde aux opposés.
04 novembre 2010
Guanajuato signifie la ville des grenouilles. Grenouilles...crapauds. N'est ce pas la ville rêvée pour une princesse de rencontrer son prince charmant?
05 novembre 2010
« La vie est complexe mais pas compliquée. » me dit une mexicaine avec une balle de jonglage en équilibre sur la tête.
06 novembre 2010
Sainte Marie, mère de Dieu, prie pour nous, pauvres pêcheurs, dans tout le Mexique. Des rues aux stations de bus, devant un rideau rouge ou ornée de fleurs, l'image de Marie veille sur la population. Le teint sombre, issue d'un syncrétisme, Santa Maria de Guadalupe, est la plus adorée des mexicains. Les mains exécutent un signe de croix pour demander la protection de la madone. Figure de la douceur et du calme au milieu de la tumultueuse vie mexicaine, le visage de Marie s'incline.
07 novembre 2010
Dans l'ombre des coulisses, je me suis glissée dans les coulisses du spectacle « Donka ». J'ai découvert des artistes qui avaient surmonté les douleurs pour arriver dans la poésie du clown. Du trapèze au jonglage leurs corps ont vécu l'enfer pour offrir à nos yeux une vision du paradis.
08 novembre 2010
Dans des ruelles sombres, la lumière des réverbères se reflète en éclats dorés. Pavés difformes et lumière rouge-orange sèment le doute en mon esprit ; si bien que je sais pas si je viens d'arriver en enfer ou au paradis. San Miguel pourrait être la ville des cowboys, entre les cavaliers qui traversent ses rues et les américains qui les ont envahies. Dans le calme des rues désertées à peine la nuit tombée, je serais tentée de me perdre indéfiniment dans la pénombre de la vieille ville; cherchant à découvrir les secrets de cette cité endormie.
09 novembre 2010
Dans la communauté de Comonfort les écoles ne manquent pas. Toutes affichent complet. Les enfants se relaient entre ceux qui ont cours le matin et ceux qui ont cours l'après-midi. La religion chrétienne, poussent les femmes à avoir des enfant alors chaque mère à entre 5 et 10 enfants. Les professeurs parlent avec humour de la super production d'enfants mexicains. Faute d'argent peu d'entre eux auront accès à un cycle d'étude supérieur et les problèmes d'éducation dans les villages sont grands.
10 novembre 2010
Sur les pavés des rues de San Miguel, de vielles femmes en blouses brodées de fleurs vendent des produits du jardin. Elles travaillent encore car le Mexique n'offre pas de système de retraite. Les enfants déposent leur vieux père en fauteuil roulant au coin d'une rue. Le vieil homme a, à peine, la force de tendre la main pour recevoir des pesos. Il n'est pas le seul, beaucoup d'autres font la manche pour avoir de quoi se nourrir. J'ai rencontré une vieille chanteuse uni-jambiste qui, avec sa guitare, embélissait la rue de musique. Elle m'a dit, que pour elle, quelques pesos suffisaient pour éclairer sa journée. Elle était heureuse malgré sa détresse. Je me demande si ,avec la réforme des retraites dans mon pays, un jour nous seront comme ces gens qui ont travaillé toute leur vie et finissent par être dans la rue.
11 novembre 2010
L'odeur de la viande grillée des hamburgers vient chatouiller le nez. Les tamales se cachent dans les feuilles de maïs prêt à être ouverts comme un paquet cadeau. Le fromage des quesadillas fond sous la chaleur. Le sucre des churros excite les papilles. A toute heure, la tentation de dévorer une spécialité mexicaine est grande. La gourmandise est un pêcher auquel on ne saurait résister. Une multitude de petits magasins offrent toujours de quoi grignoter. Et partout, mis en avant tel le diable tentateur, les chips Sabritas. Des pharmacies aux épiceries, le smiley de Sabritas vous invite à dévorer le gras de ses chips. Un bonbon dans la bouche, un paquet de chips dans la main, les enfants ont vendu leur santé au diable. La tentation a eut raison et le Mexique est le premier pays de l'obésité infantile. Les politiques ont bien essayé de retirer Sabritas des écoles mais le diable est riche alors laissons les petites Cendrillon et les petits princes s'arrondir...
12 novembre 2010
Sur la petite place de Valenciana, c'est un jour particulièrement touriste. Une dizaine de bus s'alignent, c'est le moment idéal pour moi de trouver enfin le prince charmant. Dans ma robe rose et le plumeau à la main je pars à la recherche de l'homme de mes rêves. Un jeune homme semble intéressé, je suis au ange. Il m'offre même une bouteille. Mais quand je lui demande une alliance, il reprend sa bouteille et s'enfuit. Je ne compterai pas tous les hommes qui ont fuit ni ceux qui ont fait semblant de ne pas me voir. Peu de gens ont vu de l'humour dans ma démarche. Comme du gibier, les hommes détalent devant moi. Je vais finir par prendre au sérieux la phrase de Mirabeau : « L'homme est un lapin, il s'attrape par les oreilles. »
13 novembre 2010
Souvent lors de ce voyage, ma tête est remplie de doutes et de questions. Comment faire pour donner une véritable image de la femme. Qui sont les Cendrillons? Et puis soudain le soleil réchauffe mon épaule et comme une caresse, plus de doute la chance d'être là suffit à elle même. Marcher dans une rue identique à tant d'autres mais prendre conscience du bonheur d'être dans un ailleurs comme on est chez soi.
14 novembre 2010
Finit les couleurs de Guanajuato, je suis dans l'immense capitale du Mexique. Les murs de la ville sont plus haut et plus gris. Des fils barbelés et des morceaux de verre surplombent les murs. On sent que la ville n'est pas aussi tranquille qu'ailleurs. Pourtant les habitants sont adorables et les rues restent festives et familiales. Les rues et les trottoirs sont plein de pierre et d'ornières donnant à la circulation un goût d'aventure pour éviter les pièges.
15 novembre 2010
Une tradition purement mexicaine: les mariachis. Les musiciens en costumes traditionnels et sombréros attendent en embuscade prés des bateaux et des restaurants. Ils attendent, flairent leurs proies. D'un bond, ils attaquent! Les guitares font trembler leurs cordes, les cuivres raisonnent. Les pauvres affamés assis au restaurant sont cernés. Aucune chance d'échapper aux mariachis. La musique se déchaine à quelques centimètres de vous, et jusqu'à vous rendre sourd. Le chanteur prend sa plus belle voix pour séduire sa proie et une fois sous le charme les mariachis vous délestent de vos pesos avant repartir vers leurs futures victimes.
17 novembre 2010
Le cirque a envahi Mexico! Sur les places, des clowns font leurs numéro. Ils jonglent, ils blaguent, utilisent les passants dans leurs sketchs. Les nez rouges sont une mode que l'on trouve partout. Les équilibristes, jongleurs, danseurs sont eux aussi de la fête. Impossible de marcher dans les rues sans s'arrêter pour admirer un spectacle ou simplement séduit par une musique. La vie mexicaine est un spectacle perpétuel. En voiture c'est au coin des feu rouge que les artistes font leurs numéro. Cerceau, feu, jonglage, le sourire aux lèvres, ils dévoilent leurs talent dans l'espoir d'un peu d'argent.
18 novembre 2010
Au Mexique, il y a d'étranges traditions que j'aimerai bien comprendre. Qui pourrait me dire pourquoi des gens accrochent les chaussures sur des câbles électriques pendant que d'autre collent leurs chewing-gum sur des arbres? Des idées pour pour m'expliquer ces non sens qui font le charme de ce pays?
19 novembre 2010
Oaxaca est une belle ville coloniale au sud du Mexique. Partout les marchés vendent des produits de l'artisanat local. Je suis sous le charme de ces vieilles dames qui semblent détenir dans les replis de leurs rides tous les secrets de la vie. Mon appareil photo tente de saisir leur beauté qui n'appartient plus au temps. Surprise comme entre d'essayer de voler leur âme c'est finalement elles qui me capture. Mon supplice pour avoir succombée à leur beauté sera de devoir mangé un des petits insectes grillés qu'elles vendent. Un petit verre de Mezcal serait le bienvenu pour m'encourager.
20 novembre 2010
Mitla est un village près de Oaxaca. Comme dans tous le Mexique, les habitants fêtent le bicentenaire de la révolution. J'arrive dans la ville avec un défilé de rickshaw ( j'ai peur que ces diables à trois roues ne m'aient suivi depuis l'Asie) et de majorette. A mi chemin entre le kitsch et le sexy les jeunes filles marchent en rythme mal ordonné dans les rues de la communauté. Je suis dans un de ces villages attachants ou le mauvais goût rimes avec chaleur humaine.
21 novembre 2010
Dans les montagnes de Oaxaca, le village de Hierve de agua abrite de somptueuses cascades figées. De l'eau surgit du sommet de la montagne puis s'écoule en piscine à débordement naturelle. Les touristes pataugent dans ce paradis blanc au milieu des verdoyantes montagnes. Les touristes ne s'arrêtent pas ou peu dans le petit village qui est juste avant. Les habitants sont même surpris que quelqu'un vienne et leur dire bonjour. Les conditions de vie dans le village sont sommaires. Les maisons faites de briques et de tôles n'abritant ni du froid ni de la chaleur. La cuisine des femmes et l'eau se trouve encore à l'extérieur. Une route de terre traverse le petit village qui se cache dans un nuage de poussière à chaque fois qu'une voiture passe. Je me demande à qui profite les droits d'entrée pour les cascades quand je vois la pauvreté du village. L'argent à peut-être servit à construire cette énorme église pas encore terminée, au milieu du village. Ou comme une tradition, les politiques se remplissent les poches, laissant aux pauvres l'espoir de jours meilleurs.
22 novembre 2010
Deux tresses parcouru par un rubans de couleurs, les femmes zapoteques gardent un charme venu des temps anciens. Suivant en silence le bon vouloir des hommes.Elles sont les gardiennes de la tradition. Au delà de la pauvreté et de la violence conjugale, leurs sourires rayonnent dans les ruelles de Mitla.
23 novembre 2010
14 heures de bus séparent Oaxaca de Palenque dans les Chiapas. La compagnie de bus ADO détient le monopole des transports de voyageurs dans le sud. ADO sponsorise l'équipe foot nationale mais il faut bien faire des économies...alors taxons les passagers. Dans le joyeux monde d'ADO on voit rouge, la couleur de la compagnie. ADO vous fera payer cinq fois le prix normal pour la garde des bagages. Une publicité vous explique que si vous aviez payé votre billet plus cher vous pourriez voyager dans un bus platinium et avoir ce les autres compagnies proposent pour beaucoup moins cher. Et si la qualité de service ne vous a pas coupé l'appétit sachez que le bus ne s'arrêtera pas avant 23 heure dans un restaurant ADO sans aucune autre option qu'un repas médiocre au prix d'un plat gastronomique.
24 novembre 2010
La ville de Palenque ressemble à une ville de bord de mer mais au milieu de la forêt tropicale. Un match de catch anime la place publique. Le gentil gagne sur les méchants, ouf tout va bien.
25 novembre 2010
De Palenque, un mini bus me dépose à la croisé des chemins. Au cœur de la forêt vierge quatre directions s'offrent à moi. Comment choisir une direction dans ce village si calme qu'on n'entend pas un bruit autre que ceux des animaux. Je rentre dans une cour espérant qu'une bonne âme m'ouvre la porte. Fort heureusement le tourisme n'a pas épargné le village Maya et la plupart des maisons se trouvent être des campements qui attendent les touristes. La forêt vierge est dompté et moi j'ai une jolie cabane avec un gros cafard sauvage pour la nuit.
26 novembre 2010
Ce matin, je suis dans la forêt vierge affrontant lianes et rivières déchaînées. Mon guide porte la tenue blanche traditionnelle des Maya qui le détache du vert sombre de la forêt. Ce soir, je suis à l'anniversaire d'une petite fille. Dans l'église du village Maya pend une pinata « Cendrillon »et la jeune fille, qui fête son anniversaire, porte une robe de princesse toute rose. Au cœur de la forêt vierge la situation est surréaliste. Pour fêter la venue de Cendrillon je casse ma première pinata et les enfants se jettent sur les bonbons. Les 399 habitants de Lacanja Chansayab prouvent qu'il est possible de succomber à la mondialisation sans perdre ses traditions.
27 novembre 2010
Faites comme le damier des échec, je me laisse prendre au jeu de Frontera corozal. Des rues d'eau et de terre vont toujours droit devant elles. Les dindons jouent les rois de la ville en gonflant leurs plumes et leurs orgueils. De la rue à l'assiette les poules sont les pions damnés. Les chevaux attendant sagement leurs cavaliers. Les fous se baignent dans l'eau pollué de la rivière qui sépare le Mexique du Guatemala. Et je suis accueillit comme une reine.
28 novembre 2010
Je ne me lasserai jamais de voir ,dans les herbes hautes, les délicates lucioles. Dans la nuit sombre, leurs lumières tentent de rivaliser avec les étoiles. Ultime image poétique que je garderai du Mexique. Hasta pronto Mexico